Territoires Saint-Denis

La Ruche, première cité HLM de France, retrouve sa fraîcheur

Mots clés : Logement social

Ensemble d’habitat social pionnier de Saint-Denis tout juste rénové, La Ruche s’est ouverte au public pour la première fois lors des Journées du patrimoine le 17 septembre. Considérée comme la première HBM de France (1), construite en 1891-1893 avant la loi Siegfried encourageant le financement public du logement social, elle se compose de cinq bâtiments couverts de tuiles pour 66 logements (45 collectifs et 21 pavillons). Dû à l’architecte Georges Guyon, ce hameau d’immeubles est distribué par une voirie intérieure, bordée de jardins individuels. « Cité-jardin avant la lettre, prototype de l’habitation ouvrière en Ile-de-France, La Ruche était dotée d’innovations techniques : construction en béton Coignet (solide et bon marché), tout-à-l’égout, WC intérieurs », explique l’historien Patrick Kamoun.
Après quinze mois de travaux (entreprise : Sicra Réhabilitation), La Ruche a retrouvé son aspect initial. Elle apparaît désormais comme emblématique du projet des premiers inspirateurs du logement social.

Délicat chantier en site occupé.

Le programme de rénovation a été défini en concertation avec les locataires, la Ville, l’ABF, complété d’une mission d’accompagnement pour la tenue des travaux (35 % des locataires sont des seniors) et d’un « atelier mémoire ». Il est articulé autour de trois volets. D’abord l’embellissement de La Ruche : retour au « gris bleuté » du béton Coignet, aux volets de bois peints en blanc, dessinés d’après les visuels de l’époque, remplacement des marquises en verre, et dissimulation des réseaux EDF enterrés. Ensuite, l’amélioration du confort des locataires : rénovation des parties communes, refonte des cages d’escaliers, remplacement des portes palières, réhabilitation des pièces humides et installation d’une chaudière individuelle à condensation. Enfin, une réhabilitation énergétique. Pas d’isolation extérieure, mais une isolation des combles et sous-sols, des huisseries performantes, la création d’une VMC, efficace contre l’humidité. Ainsi, d’un niveau initial de consommation énergétique F (334 kWh/m².an), La Ruche s’est redressée au niveau C (150 kWh/m².an). « Un chantier en site occupé, avec des locataires très âgés, assistés par une association pour définir leur capacité à supporter les nuisances des travaux. Il y a 66 appartements, nous avions 66 chantiers avec un aménagement à la carte pour chacun », précise l’architecte Hervé Rabault (Atelier Créa), accompagné du bureau d’études L’Atelier des fluides.

« La réhabilitation a commencé en mars 2015 pour se terminer en juillet dernier. Le temps d’intervention pour chaque logement a été de quinze jours pour un investissement de 3,2 millions d’euros TTC, soit 45 000 euros par logement », précise de son côté Dominique Demay, directeur territorial d’Antin Résidences, le bailleur social. Les loyers modestes sont maintenus après la réhabilitation : moins de 4 euros/m2. « A dix minutes de Paris, conclut-il, c’est exceptionnel ! »

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(1) Les habitations à bon marché (HBM) deviendront les habitations à loyer modéré (HLM) en 1950.

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