Territoires Toulouse

La Reynerie mute

Au sud-ouest de Toulouse, le quartier de La Reynerie, qui a derrière lui quinze ans de rénovation urbaine, et plus de 500 logements démolis sur les 3 500 existants, souffre encore d’un certain nombre de faiblesses : des espaces publics déqualifiés, une grande majorité de logements sociaux dans des bâtiments de 7 à 15 étages… Il bénéficie pourtant de plusieurs atouts : un parc de 10 hectares et un château construit au XVIIIe siècle, un lac, une bonne desserte par la ligne A du métro, des appartements lumineux et confortables, une proximité avec le campus du Mirail où est implantée l’université Jean-Jaurès, au nord, et avec le centre commercial de Basso-Cambo, à l’ouest.

Marketing territorial.

« Certes la rénovation urbaine est moins visible qu’ailleurs. Mais cela ne signifie pas qu’elle sera en retard. Ici, les bailleurs sociaux ont pris le parti de faire des réhabilitations lourdes. L’essentiel des démolitions a servi à désenclaver le quartier et à créer des voies d’accès », rappelle Marie-Jeanne Fouqué, maire de quartier. L’enjeu est donc désormais de changer l’image de La Reynerie pour rendre possible l’émergence de la mixité. Pour l’heure, les promoteurs privés ne sont pas au rendez-vous. A leur demande, la collectivité va désigner à l’automne un prestataire qui l’accompagnera dans un processus de marketing territorial.

« Le quartier ne sortira du lot que si on l’inscrit à l’échelle métropolitaine. Il faut pouvoir le traverser, créer des rues, améliorer les pieds d’immeuble. Cela permettra de voir autrement les bâtiments existants. Ensuite, on pourra valoriser le foncier disponible », estime Alain Marguerit de l’Atelier A/S Marguerit. Le schéma directeur, dont il assure la réalisation des espaces publics, développe trois thèmes : valoriser les paysages et le patrimoine ; ouvrir le quartier sur l’extérieur en favorisant les accès et circulations internes ; redessiner et conforter la place Abbal, à la croisée des axes nord-sud (université, Reynerie, Bellefontaine) et est-ouest (Basso-Cambo, place Abbal, cité du Milan).

Création de voies et de résidences.

Sur l’axe nord-sud, deux voies seront créées : l’une pour les modes de déplacement doux, l’autre pour la voiture. Sur l’axe est-ouest, la rue de Kiev vient d’être transformée. Aujourd’hui plantée d’arbres et dotée de trottoirs, elle est désormais ouverte aux piétons. Ont débuté également les travaux pour réorganiser les stationnements et rendre plus lisibles les pieds d’immeuble, ainsi que le réaménagement de la place Abbal. Le groupe Les Chalets y construit la résidence « Les balcons du lac » (conception : A & A, MS Architectes). Livrée fin 2016, elle abritera 74 logements, dont huit en accession sociale à la propriété, des services publics et un commerce de proximité. Après la construction des 55 logements de la résidence Lizop par Habitat Toulouse (conception : Lieux communs), c’est la deuxième opération de logements neufs à La Reynerie. A l’emplacement d’un foncier libéré pour créer la Maison de l’image, aujourd’hui abandonnée, la collectivité travaille à un autre projet mixte logements-commerces avec, comme première étape, le lancement d’un appel à candidatures à investisseur commercial. Cela permettra de libérer les commerces et équipements publics sur la dalle sud, qui a vocation à disparaître, pour laisser la place à un équipement à rayonnement métropolitain.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

De la ville nouvelle au quartier renouvelé

S’étendant sur 80 hectares, le quartier de La Reynerie est intégré dans un ensemble baptisé « Le Grand Mirail » (21 778 habitants), un des 16 quartiers prioritaires couverts par le futur nouveau contrat de ville que Toulouse Métropole va signer cet été avec l’Etat et ses partenaires. Il fait partie du projet urbain dessiné par l’équipe Candilis-Josic-Woods, qui prévoyait de créer une ville nouvelle pour accueillir 100 000 habitants. L’objectif était de la connecter à l’agglomération et aux zones d’emploi. Mais les ambitions ont été revues à la baisse. En 1993, l’arrivée de la ligne A est une étape importante mais n’arrête pas le décrochage d’une population qui compte aujourd’hui 32,8 % de chômeurs. Suite à l’explosion de l’usine AZF en 2001, deux immeubles ont été démolis. En 2002, le grand projet de ville est adopté. En 2007, le projet de renouvellement urbain Reynerie-Bellefontaine est signé avec l’Anru.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X