Architecture et urbanisme Revitalisation

La renaissance écologique d’un bourg

Mots clés : Développement durable - Urbanisme commercial

Pour revitaliser son centre, Layrac (Lot-et-Garonne)applique les principes du développement durable, avec l’objectif de créer un écobourg.

Analyse des besoins en déplacements, gestion de l’eau, réflexion sur l’éclairage public, amélioration de la performance énergétique des bâtiments, développement des énergies renouvelables… La sobriété carbone est le fil conducteur du projet d’écobourg de Layrac (Lot-et-Garonne), lui‑même fruit d’une réflexion sur la revitalisation du centre-bourg initiée en mars 2008, avec l’arrivée de la nouvelle municipalité.

Située sur le territoire de la communauté d’agglomération agenaise (1) (CAA), dont elle dépend pour les emplois et les grandes surfaces, Layrac, 3 548 habitants, abrite des commerces et des services qui répondent à un besoin de proximité de la population. Toutefois, le ralentissement de l’activité commerciale, les difficultés de circulation et de stationnement et la faible mise en valeur des espaces publics ont poussé la commune à agir.
D’abord limité à l’aménagement de la place de la mairie (place Jean-Jaurès) et à la relance de l’activité commerciale, le projet a vite évolué. « En nous interrogeant sur nos objectifs et notre vision des choses, l’architecte-conseil du conseil d’architecture, d’urbanisme et de l’environnement (CAUE) de Lot-et-Garonne, qui nous assistait, a vite compris que notre ambition ne se limitait pas à l’aménagement de la place, mais qu’il s’agissait de lancer une étude beaucoup plus vaste et globale », explique Laure Merceron, adjointe au maire, chargée de l’urbanisme.
Pour répondre à cette attente, un groupe de travail se constitue, réunissant les principaux partenaires institutionnels susceptibles d’aider la commune, techniquement mais aussi financièrement. Il élabore le cahier des charges d’une étude urbaine, confiée en mai 2009 à une équipe de maîtrise d’œuvre coordonnée par le BET d’urbanisme Quadra.
Après cette étape essentielle, la commune présente au ministère de l’Ecologie son projet qui figure parmi les 160 présélectionnés dans le cadre de l’appel à projets Ecoquartier 2009. « Nous n’avons finalement pas été primés. Mais le fait que notre projet ait été étudié nous permet de participer au club opérationnel national : un lieu d’échanges de bonnes pratiques, très utile dans notre démarche », souligne Jérôme Benoît, conseiller délégué à la commune de Layrac.
« Le projet avait retenu l’attention car il est innovant. Nous appliquons en effet les principes du développement durable sur un tissu existant et complexe, à forte pression patrimoniale, comportant des infrastructures intangibles. Nous nous appuyons aussi sur les ressources du site, notamment l’eau, présente grâce aux nombreux lavoirs », renchérit Stéphane Brassié, de Quadra.

Rénovation des places

L’avenir de Layrac se bâtira à partir de trois objectifs. D’abord, vivifier la vie économique locale. Ensuite, intervenir sur les espaces publics, notamment en rénovant les places, pour lutter contre l’omniprésence des voitures. Enfin, revitaliser l’habitat, le centre-bourg comptant une centaine de logements vacants. Une première réunion publique, en mai 2010, a permis de présenter les propositions de la maîtrise d’œuvre concernant l’aménagement des espaces publics. D’autres concertations suivront : « L’écobourg se veut aussi pédagogique. Il y aura des actions d’aménagement urbain – réfection de places, de rues, d’immeubles – dont le choix et la décision nous reviendront. Mais des initiatives privées sont attendues », insiste Laure Merceron.
Pour l’heure, la commune travaille sur la hiérarchisation et la piétonisation des voies et la redistribution du stationnement. L’acquisition prévue d’un immeuble par l’établissement public foncier local devrait permettre la réalisation, au centre-bourg, du premier programme de logements avec des commerces au rez-de- chaussée.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : commune de Layrac. Maîtrise d’œuvre : BET Quadra (urbanisme) et Brassié Architectes (architecture) ; AID Observatoire (volet commercial) ; BET AC2I et Hélène Siriyes, architecte paysagiste (infrastructures) ; BET Inddigo (déplacements et démarche environnementale). Calendrier : 2010 : phase étude urbaine ; 2011 : démarrage de la phase travaux. Coûts : 53 000 euros HT (étude) ; 1,5 million d’euros d’enveloppe prévisionnelle pour la période 2011-2014.

(1) Elle regroupe les communes de Le Passage, Foulayronnes, Boé, Bon-Encontre, Colayrac-Saint-Cirq, Saint-Hilaire-de-Lusignan et Layrac.

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