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La récupération de pièces détachées s’industrialise

Mots clés : Centre commercial - Magasin

Le commerce de pièces détachées d’occasion et la remise à neuf d’organes complets offrent une alternative vertueuse et économique au remplacement par du neuf.

La réutilisation des pièces encore fonctionnelles et le recyclage des matières premières issues des déchets sont des étapes indispensables à l’économie circulaire, cette nouvelle manière d’exercer une activité plus respectueuse de l’environnement et plus économe en ressources naturelles. Les exploitants d’engins de TP le découvrent avec d’autant plus d’appétit que les pièces détachées neuves sont particulièrement coûteuses. Faire de l’écologie tout en faisant des économies : voilà la recette pour qu’une bonne pratique se généralise. « La récupération de pièces détachées sur les engins que nous réformons nous fait économiser environ 4 millions d’euros par an », indique Jean-Philippe Theuriot, directeur du matériel de Loxam qui possède un atelier dédié à cette activité près d’Alençon (Orne). Les engins en fin de vie dont le loueur veut se séparer y transitent. Certains sont revendus en l’état, d’autres vont être démontés. Ces pièces de récupération seront distribuées gratuitement aux agences Loxam qui en font la demande. Succès garanti !

Offre externe de pièces détachées d’occasion.

Parallèlement à cette consommation interne, se développe une offre externe de pièces détachées d’occasion. Une entreprise telle que Codimatra dans le Lot-et-Garonne a embauché 50 techniciens pour démonter, stocker et répertorier plus de 30 000 références de pièces détachées collectées sur des engins en fin de vie. Un exemple qui fait tache d’huile, car il est lucratif. « Je gagne davantage d’argent en vendant trois moteurs plutôt qu’une pelle entière », admet un négociant en machines d’occasion, qui se met à son tour au commerce de pièces. Et surtout, ce mouvement est inéluctable, car les machines d’occasion vont avoir de plus en plus de difficultés à trouver preneur. Les normes européennes antipollution ont complexifié les moteurs Diesel au point qu’ils ne supporteront plus les dures conditions de travail en Afrique. Ne pouvant plus être envoyés dans les pays émergents comme c’est le cas actuellement, ces engins en fin de vie sont voués à rester en France, où ils constitueront un vivier de pièces détachées.

Echange standard.

Face à cette offre alternative, les fabricants d’engins peuvent, soit se lamenter d’un manque à gagner, soit accompagner le mouvement. C’est la voie qu’ont choisie Caterpillar, le numéro un mondial, et Bergerat Monnoyeur, son représentant en France. Ce dernier ne fait pas de négoce de pièces d’occasion à proprement parler, mais propose une solution intermédiaire : l’échange standard. « L’échange standard consiste à nous donner son vieux moteur et à repartir avec un autre que nous avons préalablement remis à neuf, et que nous gardions en stock », explique Tony Simoes, responsable commercial chez Bergerat Monnoyeur. Un moteur en échange standard est garanti douze mois et coûte 35 % moins cher qu’un moteur neuf, tout en étant parfois plus rapidement disponible. Cette offre concerne des organes complets tels que des moteurs, des boîtes de vitesses ou des ponts. A une échelle supérieure, une machine entière peut être remise à neuf dans le cadre d’un programme dit de « reconstruction » (rebuild en anglais). Il s’agit d’une intervention en profondeur sur l’engin qui passe deux mois dans un atelier. Le protocole implique le changement systématique de certaines pièces, l’inspection des autres et leur remplacement éventuel. Arrivée avec dix mille heures au compteur, la machine repart pour une durée équivalente, avec une garantie sur six mille heures. Coût : entre 30 et 50 % du prix du neuf. Une opération rentable.

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« Prolonger l’usage »

« Chez Bergerat Monnoyeur, nous proposons un programme de reconstruction complète des matériels que nous appelons le « Certified Rebuild ». C’est une activité encore jeune, mais qui monte en puissance. 35 machines ont été concernées l’an dernier, surtout des gros matériels de production. L’objectif est de prolonger l’usage de la machine, pas d’augmenter sa valeur de revente à court terme. C’est un choix stratégique qui s’appuie sur des critères écologiques, économiques mais aussi techniques, car en prolongeant la vie des matériels d’ancienne génération, on retarde l’intégration des nouvelles technologies dans son environnement de travail. Je pense que cette prestation va s’étendre à des matériels plus courants, les pelles de 35 t par exemple, à condition d’être bien calibrée entre le prix d’une machine neuve et le prix d’une machine d’occasion. »

Nicolas Capoen, directeur marketing et ventes pièces et services chez Bergerat Monnoyeur.

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