Architecture Technique 4/6

La prison Saint-Lazare devenue médiathèque

Mots clés : Bibliothèques, centres de documentation et de consultation d'archives - Établissements de soins - Établissements pénitentiaires et judiciaires - Manifestations culturelles

Léproserie, hôpital, prison et désormais équipement culturel. Métamorphose d’un édifice aux allures méditerranéennes.

Entre la gare de l’Est et la gare du Nord (Paris, Xe), au débouché d’une de ces venelles dont le parcellaire parisien a le secret, s’entrouvre une oasis de calme flanquée de la nouvelle médiathèque Françoise-Sagan. Inaugurée en mai dernier, elle s’inscrit dans le carré Saint-Lazare, domaine jadis placé sous protection royale et attesté dès le XIIe siècle. Léproserie, congrégation religieuse, hôpital-prison et aujourd’hui équipement culturel, le bâtiment qui accueillait l’infirmerie (construit en 1823) a été repensé par les architectes Stéphane Bigoni et Antoine Mortemard. Préservant l’enveloppe de pierre, les maîtres d’œuvre y ont glissé une ossature d’acier qui assure à la fois le confortement des façades qui leur sont solidaires, et la portance des planchers et de leur surcharge. La mise en place de cette nouvelle structure s’est accompagnée d’une indispensable reprise en sous-œuvre des fondations de l’édifice permettant ainsi la création d’un niveau de sous-sol de stockage. La suppression des quatre murs de refends a également autorisé la création de vastes plateaux, fluides et lumineux, encadrés aux extrémités par les deux cages d’escalier d’origine, intégralement conservées et restaurées. Pour s’affranchir de la géométrie contraignante des baies cintrées, les architectes ont opté pour la mise en œuvre d’un mur-rideau vitré déployé à 90centimètres en retrait du nu intérieur de la façade de pierre. Un parti esthétique autant que technique qui permet de rationaliser et de simplifier la mise en œuvre des châssis et des protections solaires toute hauteur dans les salles de lecture.

Rooftop.

Une disposition qui facilite également l’installation d’un désenfumage via des ouvrants pleins disposés derrière les piles. Ces ouvrants donnent également accès aux galeries d’entretien. L’effacement des menuiseries, dont le dessin parasitait la façade, lui redonne une profondeur énigmatique. « Le projet aurait sensiblement différé s’il ne s’était pas établi, dès l’origine, une totale confiance avec Viviane Ezratty, directrice de l’établissement, et Christophe Séné, son adjoint » souligne Stéphane Bigoni. Il n’est d’ailleurs peut-être pas encore tout à fait achevé… En effet, les combles, aujourd’hui disparus, ont été remplacés à une date indéterminée par un toit-terrasse de 800 m2 avec un panorama à 360° sur la ville. Les architectes y prévoyaient un élégant petit rooftop de 80 m2. Las ! La maîtrise d’ouvrage a retoqué l’idée en phase chantier, mais végétalisation des édifices aidant, et réinvention de Paris oblige, il se pourrait bien qu’il voit le jour. C’est ainsi que le patrimoine est vivant !

Prochain épisode : l’usine Mécano à La Courneuve (Seine-Saint-Denis) 5/6.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Paris. Maîtrise d’œuvre : Stéphane Bigoni et Antoine Mortemard, architectes. Etudes : Joachim Bakary, Julien Hosansky et Takami Nakamoto. Laurent Douvenou (paysage). Alexandre Nossovski (conseil en études et direction de chantier). BET : CETBA (TCE), Peutz & Associés (acoustique). Principales entreprises : Eiffage (entreprise générale), Pradeau & Morin (restauration des façades). Surfaces : 4 300 m Shon, 3 526 m2 SU. Coût des travaux : 13,03 millions d’euros HT.

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