Enjeux

« La prévention est rentable »

Mots clés : Hygiène et sécurité du travail

Une étude de l’OPPBTP démontre que pour 1 euro investi en prévention, on en récolte 2,2.

Joël Poix, responsable de l’étude « Diméco » à l’Organisme professionnel de prévention du BTP (OPPBTP).

L’étude « Diméco », réalisée par l’Organisme professionnel de prévention du BTP (OPPBTP), cherche à prouver que la prévention, c’est rentable. Elle fête cette année ses 3 ans d’existence. L’occasion d’en faire un bilan et d’évoquer ses futurs développements avec Joël Poix, son responsable.

Quel est le bilan, en 2015, de l’étude « Diméco » ?

Cette année, nous avons analysé et mis en ligne de nouveaux cas d’entreprises nous permettant de continuer à démontrer qu’investir dans la prévention est rentable. Nous présentons 176 exemples allant dans ce sens sur notre site Internet (1). Nous devrions être en mesure de proposer 200 cas en ligne d’ici à la fin janvier 2016.

Ces nouveaux cas confirment-ils les premières conclusions de l’étude ?

Oui, nous restons sur une rentabilité de l’ordre de 2,2 à la suite d’un investissement dans la prévention. En ce qui nous concerne, la démonstration est faite. Les TPE, notamment, sont toujours gagnantes, quelle que soit la nature des investissements (changer d’organisation, de modes opératoires, acquérir un nouveau matériel…). Dans les cas étudiés, l’investissement moyen est de 5 000 euros.

Votre méthode s’applique à une entreprise. Peut-elle être mise en pratique sur un chantier ?

Tout à fait ! Nous nous demandons alors si la mise en place de moyens de protection collective sur un chantier où interviennent plusieurs entreprises est rentable pour chacun des acteurs et pour le maître d’ouvrage. Nous avons donc mis au point un outil d’analyse à partir d’expériences sur deux chantiers. Plusieurs actions mutualisées ont été analysées : installation d’un monte-charge, électricité et eau à tous les étages, activation anticipée des ascenseurs, prévision de l’entretien ultérieur du toit… Les résultats seront disponibles au premier trimestre 2016.

Pouvez-vous nous donner un premier bilan ?

Les premiers résultats sont encourageants ! Mais, avant d’en dire plus, nous consolidons les données obtenues sur plusieurs types de chantiers (TP, maison individuelle, construction, rénovation), afin que notre démonstration soit valable pour l’ensemble du secteur.

Vous cherchez ainsi à sensibiliser les maîtres d’ouvrage ?

Nous voulons leur démontrer que, lorsque la prévention des risques est anticipée, tout le monde y gagne : la qualité des constructions est meilleure, l’organisation de la logistique et de l’approvisionnement est plus efficace, les compagnons travaillent en sécurité, le chantier est achevé plus tôt : on réalise des économies !

Vous « prêchez la bonne parole » depuis maintenant trois ans, en vous basant sur cette étude. Quels en sont les effets ?

De plus en plus d’acteurs de la prévention nous demandent de venir parler de nos travaux sur ce sujet. Notamment au niveau européen, où ce discours reliant prévention et performance devient, peu à peu, central. Ce message devient également le cheval de bataille de la Caisse nationale de l’assurance-maladie de travailleurs salariés, des assureurs, des organisations professionnelles… La route est encore longue, mais le regard des acteurs de la construction sur la prévention change !

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