Territoires

La Presqu’île, un campus et un quartier démonstrateurs

Entourée par les eaux du Drac et de l’Isère, longtemps fermée sur elle-même, la Presqu’île grenobloise vit une véritable mutation. Sur 250 ha, un nouveau quartier est en passe de sortir de terre sous la poussée de projets scientifiques, universitaires, industriels, économiques et urbains, concentrant à lui seul toutes les facettes de la métropole grenobloise, y compris la délicate question des déplacements. Au sud-ouest de ce morceau de ville, le fief historique des acteurs de la recherche, de l’enseignement et de l’industrie occupe approximativement les deux tiers du site. Regroupés depuis 2008 sous la bannière commune Giant (Grenoble Innovation for Advanced New Technologies) huit partenaires (1) modèlent le territoire en tissant de nouveaux liens entre enseignement, recherche et technologie.

Des logements et du tertiaire.

A l’horizon 2025, ce « campus de l’innovation technologique », organisé en six pôles thématiques, devrait accueillir 30 000 chercheurs, étudiants et employés. Parmi les projets récents, citons la livraison d’un centre de compétences multifonctionnel pour 700 chercheurs (12 600 m2, GSE et Amplitude Architectes) ou la fin du chantier de la plate-forme photonique du CEA fin 2016 (10 000 m2, groupement Demathieu Bard, Unanime Architectes). Jean-Rossel Millet, directeur du patrimoine de Grenoble INP, indique qu’avec la réception en février 2016 d’une extension de 7 445 m2, complétée d’un amphithéâtre-cafétéria de 2 154 m2, « le projet Phelma 2 vient achever le projet initié dix ans plus tôt sur le site Minatec ». Le coût des travaux pour les deux réalisations, conçues par les agences Aktis et Créon, s’élève à 16 millions d’euros.
Comme le rappelle Maud Tavel, présidente de la SEM Innovia qui aménage pour le compte de la ville, grâce à sa situation géographique entre les massifs du Vercors et de la Chartreuse, « la Presqu’île est à la fois l’entrée d’agglomération et l’entrée de ville » et ne pouvait demeurer une enclave scientifique. Ainsi, la zone d’aménagement concertée confiée à Christian de Portzamparc, architecte en chef, et à Péna Paysages prévoit-elle logements, bureaux, commerces, équipements publics.
Le secteur Cambridge, où s’activent actuellement 9 grues, accueillera une première tranche de 2 700 m2 de commerces et services, un pavillon de la mobilité, 380 logements étudiants et 510 logements familiaux dont les premiers habitants emménageront cet été. L’objectif fixé vise des consommations énergétiques 30 % en dessous de la réglementation. Un parc d’un hectare, dont la livraison est attendue en 2019, viendra renforcer le volet paysager du site. Le secteur Oxford sera pour sa part orienté vers le tertiaire, avec notamment le siège du Crédit agricole Sud Rhône-Alpes (15 000 m2, Groupe-6 architecte). En outre, un nouveau groupe scolaire de 14 classes sera construit par la Ville sur le secteur Durand-Savoyat pour accueillir les plus jeunes Presqu’îliens.

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ENCADRE

Plus de déplacements, moins de stationnements

Sur un territoire labellisé Ecocité où STMicroelectronics a signé le premier plan de déplacement d’entreprise de France, les questions du stationnement et des déplacements feront l’objet de multiples expérimentations. Ainsi, les nouvelles constructions n’intègrent plus de parking. L’ensemble des espaces de stationnement sera regroupé au sein d’un pavillon de la mobilité. Sortant d’une logique propriétaire, les 470 places de ce parking en ouvrage seront partagées entre tous ceux qui fréquentent la Presqu’île. Tous les types de véhicules et tous les modes de déplacements y seront proposés. En complément de l’offre de bus et de tram, la Métropole étudie un projet de transport par câble qui desservirait Fontaine, Sassenage, la Presqu’île et Saint-Martin-le-Vinoux en 2021 et permettrait de s’affranchir des nombreux obstacles sur un axe nord-est/sud-ouest.

(1) Ce « campus de l’innovation technologique » regroupe Grenoble Ecole de management (GEM), Grenoble INP, l’Université Grenoble Alpes, le Commissariat à l’énergie atomique et aux énergies alternatives (CEA), le Centre national de la recherche scientifique (CNRS), le European Molecular Biology Laboratory (EMBL), le European Synchrotron Radiation Facility (ESRF) et l’Institut Laue-Langevin (ILL).

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