Territoires

La Presqu’île, futur projet d’intérêt majeur ?

Ce terrain de jeu-là a suscité l’envie du gratin des urbanistes européens. Il s’est finalement offert au Néerlandais Winy Maas (MVRDV), dont le plan-guide a été validé à l’été 2015. La Presqu’île ? 300 ha de friches industrielles, entre l’Orne et le canal qui relie le centre de Caen à la mer. Voilà pour le périmètre opérationnel, comparable à l’Ile de Nantes ou à Lyon Confluence. Maas y voit une « grande mosaïque à construire pièce par pièce, sur quatre fondements : la double aménité que représente la proximité de la ville et de la mer, le développement d’une mobilité alternative, la préservation d’une biodiversité très riche et le respect du patrimoine ». Mais puisque le défi qu’il lui a été demandé de relever par la société publique locale d’aménagement (SPLA) Caen Presqu’île est d’inviter la population à revenir vivre en centre-ville – lequel a perdu 43 % de ses habitants depuis 1963 – l’urbaniste de Rotterdam a proposé d’élargir le périmètre de réflexion à 600 ha, jusqu’au centre reconstruit de Caen, au bassin d’Hérouville et au plateau de Colombelles.

Mais par quel bout prendre un tel projet, qui ambitionne de développer 7 000 logements et 45 000 m2 d’activités sur les quarante prochaines années ? A l’inspiration de l’équipe municipale précédente, la nouvelle a greffé son « pragmatisme ». « Tout l’enjeu était de ne pas se focaliser sur la pointe de la presqu’île, explique Sonia de la Provôté, première adjointe (UDI) au maire de Caen en charge de l’urbanisme. C’est là qu’a débuté l’opération d’aménagement avec la Bibliothèque multimédia à vocation régionale, le nouveau palais de justice et la grande pelouse de Michel Desvigne. Et ce ne sont pas les opportunités de développement qui manquent sur ce secteur de l’île de Caen. Afin d’aborder le projet dans sa globalité, il fallait miser sur d’autres territoires d’avenir, d’où l’idée de créer trois ZAC communales sur Caen (23 ha), Hérouville-Saint-Clair (28 ha) et Mondeville (17 ha), ce qui présente le double avantage de démarrer sans tarder (dès 2017) et de ne pas mettre le reste de l’agglomération en délicatesse dans un contexte financier tendu. »

Fini le complexe d’infériorité.

Caen projette ainsi la construction de 700 logements en bordure de canal. Hérouville imagine un écoquartier de 1 400 logements, dont certains sur l’eau. Enfin, Mondeville a la responsabilité de dessiner une nouvelle entrée de ville (460 logements) par le parc naturel du Biez. « Nous recevons de nombreuses marques d’intérêt de la part des promoteurs et des investisseurs », précise la première adjointe, qui a su rassurer sa « clientèle » en arrêtant le principe d’une desserte de la presqu’île par le tramway (lire p. 34). En parallèle, des travaux sont menés avec les services de l’Etat dans l’objectif d’une contractualisation de type projet d’intérêt majeur (PIM). Visiblement, Caen semble ne plus faire de complexe d’infériorité. « Je suis Caennaise et je n’ai jamais eu ce complexe-là », conclut Sonia de la Provôté.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X