Architecture Technique Infrastructure

La piste 4 de l’aéroport d’Orly fait peau neuve

Mots clés : Chaussée - Gares, aéroports

Exploitation aéroportuaire oblige, six semaines auront suffi pour fraiser l’ancienne piste puis poser le nouvel enrobé sur 3,6 kilomètres. Un chantier d’envergure.

Construite en 1963 et rénovée intégralement pour la dernière fois en 2006, la piste 4 de l’aéroport d’Orly (Val-de-Marne) a fait peau neuve. Constituée de dalles en béton, sur lesquelles a été mise en œuvre ultérieurement une couche de revêtement en enrobé, la piste la plus longue de l’aéroport val-de-marnais (3 650 mètres) est à nouveau pleinement opérationnelle. « Il s’agit d’une opération courante d’entretien du patrimoine que nous réalisons tous les huit à dix ans, explique Franck Mereyde, directeur de l’aéroport de Paris-Orly. Nous devons également nous adapter, d’ici à 2020, aux nouvelles normes aéronautiques européennes, qui imposent notamment de revoir légèrement le profil en travers des pistes – avec une pente comprise entre 1 % et 1,5 % -, tout en renforçant la capacité portante de la piste. »

Estimé à 15 millions d’euros, ce chantier s’est déroulé en un temps record, pour reprendre l’expression de Sylvain Tailler, directeur de projets adjoint à la maîtrise d’ouvrage déléguée du Groupe ADP (ex-Aéroports de Paris). Le chantier a été en activité pratiquement sept jours sur sept, deux équipes se succédant chaque jour sur une plage-horaire de dix-huit heures. Au total, une quarantaine d’entreprises ont œuvré durant les six semaines du chantier. Parmi elles, Jean Lefebvre, Eurovia Grands Travaux, Eurovia Ile-de-France et Emulithe ont été chargées de la réfection du revêtement de la piste.
Une opération de rabotage a d’abord été nécessaire, sur 8 cm d’épaisseur. Trois raboteuses ont été utilisées simultanément sur toute la largeur de la piste (45 mètres). « D’abord sur la partie nord de la piste, puis sur la partie sud. D’importants travaux électriques – de pose, de raccordements, etc. – s’étaient déroulés préalablement sur cette dernière, précise Fabrice Duprat, chef de projet infrastructures pour le Groupe ADP. Près de 34 000 tonnes de fraisats d’enrobés ont été produites, dont 20 % ont été recyclées dans les enrobés neufs. Les 80 % restants sont destinés à des projets d’aménagement ultérieurs. » Les travaux se sont poursuivis avec la pose de géogrilles associées à une émulsion d’accrochage pour lutter contre les phénomènes de remontées de fissures.

10 000 tonnes d’enrobés posées en une nuit.

Ultime étape de ce chantier d’envergure : la mise en œuvre des enrobés. Une opération coup-de-poing a été réalisée le 3 août, mobilisant, en une nuit, trois finisseurs et une noria de camions pour la pose en une seule passe de 10 000 tonnes d’enrobés. « L’enjeu technique lors de cette opération a été d’éviter la création de joints longitudinaux à froid sur une bande de 30 mètres de large au centre de la piste. Des joints qui pourraient être autant de points faibles favorisant l’apparition et la propagation de fissures », souligne Fabrice Duprat. Une journée marathon, donc, nécessaire pour satisfaire aux exigences de la sécurité aérienne. 

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage, maîtrise d’ouvrage déléguée et maîtrise d’œuvre : Groupe ADP. Entreprises (fraisage et pose de l’enrobé) : Jean Lefebvre (mandataire), Eurovia Grands Travaux, Eurovia Ile-de-France, Emulithe. Montant : 15 millions d’euros HT.

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