Architecture Equipement sportif

La patinoire est (c)ouverte

Mots clés : Établissements sportifs couverts - Sport - Toiture

Soumise au poids des neiges hivernales, la toiture de cet équipement repose sur une structure d’une grande légèreté.

Pour leur patinoire, certaines stations des Alpes choisissent des constructions closes : même en été, on peut y maintenir l’air à 6 °C au niveau des patineurs, condition de conservation de la surface de glace. La patinoire de Samoëns, bourg de Haute-Savoie, proche de la Suisse, est de celles qui ne disposent que d’une couverture protectrice afin de s’ouvrir sur le grand paysage, et ne fonctionnent donc uniquement que de l’automne au printemps. L’architecte Richard Plottier a fait en sorte que cette couverture perpétue la tradition locale du toit à deux pans, mais il n’abdique rien de sa veine personnelle, que l’on pourrait qualifier d’expressionnisme structurel. Son bâtiment montre en effet les efforts à l’œuvre, sans artifice, et peut ainsi se marier à la solide architecture du vieux village, un patrimoine resté homogène et presque intact grâce à de remarquables restaurations et réhabilitations.

On accède à la patinoire par une esplanade piétonne au nord, sous laquelle se trouve un parking. Côté sud, on aperçoit au loin le massif du Giffre, alternance de hautes falaises et de pentes plus douces. L’équipement dispose d’une piste de 56 m sur 26 m pour pouvoir accueillir, outre le patinage de loisirs, les compétitions nationales de hockey sur glace. Les gradins en béton, placés au sud et offrant 400 places assises, abritent dans leur socle tous les locaux forcément clos, vestiaires, salle de location des patins, etc.

Pour porter les 3 500 m2 de toiture, cinq appuis par pan, sous forme de quadripodes, suffisent.

L’architecte et son équipe se sont concentrés sur la charpente de toiture et ses éléments porteurs, l’ensemble étant réalisé en lamellé-collé d’épicéa. Dans ce système à deux pans, ils ont fait coïncider l’axe du faîtage et celui de la piste afin d’engendrer une dissymétrie dynamique entre le pan nord, large de 22 m, et le pan sud, porté à 30 m, puisqu’il doit abriter aussi les gradins. Cinq appuis par pan, sous forme de quadripodes, suffisent à porter les 3 500 m2 de toiture, alourdis par les 16,5 tonnes de vitrage des sheds présents sur les deux pans. Les arbalétriers ont été significativement allégés grâce à leur dessin biseauté et au jeu de discrets tirants métalliques qui réduisent les efforts au basculement quand le faîtage est surchargé de neige. Pour éclairer au mieux la piste, les amples sheds alternent en quinconce sur les deux pans de couverture. Il en résulte un entrelacement de volumes qui rappelle deux mains aux doigts croisés. L’élégance qui s’en dégage est d’autant plus sensible en sous-face où le bois d’épicéa est présent sur l’ensemble des éléments.

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Samoëns. Maîtrise d’œuvre : Plottier Architectes Associés. BET : Plantier (structure), Arborescence (structure bois), Girus (fluides). Principales entreprises : SGC Travaux Spéciaux (fondations spéciales), Montessuit (gros œuvre), Arbonis (charpente bois), Plantaz (couverture aluminium), Oxform (équipements patinoire). Surface : 3 200 m2 , dont 503 m2 de locaux clos. Coût : 4 033 706 euros HT (dont études).

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