Enjeux

La passion de transmettre aux plus jeunes

Mots clés : Apprentissage

Rencontre avec Romain Pascal, lauréat du prix du Jeune maître d’apprentissage.

Chez Romain Pascal, le goût pour les relations humaines est une seconde nature. Jeune artisan de 36 ans à la tête de l’entreprise de plomberie Pascal (Poisvilliers, Eure-et-Loir), il a remporté, en juin dernier, le prix du Maître d’apprentissage dans la catégorie « Jeune maître d’apprentissage ». Une distinction qu’il reçoit « avec beaucoup d’humilité. Une reconnaissance pour moi, mais surtout pour nos compagnons. Encadrer des apprentis est une manière de rendre ce qu’on m’a donné, de transmettre ce qu’on m’a appris ». Lui aussi a débuté ainsi. Romain Pascal trouve sa vocation de plombier à la sortie du collège. La société de chauffage et plomberie Fauconnier Liberge lui donne alors sa chance et lui propose de rester, à l’issue de son apprentissage, dans la perspective de reprendre ensuite la structure. En 2005, le jeune homme acquiert la partie chauffage de l’établissement, qu’il rebaptise Romain Pascal. Dès l’année suivante, son chiffre d’affaires lui permet d’accueillir son premier apprenti. Douze jeunes sont passés par l’entreprise dans ce cadre, et quatre d’entre eux y travaillent toujours. « J’ai notamment embauché, il y a huit ans, un apprenti en reconversion professionnelle déçu par sa première année en école d’infirmier. » Aujourd’hui, le jeune homme seconde Romain Pascal pour l’activité de dépannage de sa structure. « A présent, je suis beaucoup moins sur le terrain. » Son goût pour « découvrir des jeunes et transmettre des savoirs » le conduit à se consacrer davantage à la gestion des ressources humaines. « Je suis fait pour ça : cela fait partie de mon ADN ! Je mets l’accent sur les règles de leur future vie professionnelle comme la ponctualité, le respect pour les collègues et pour le matériel. » Romain Pascal mise sur la transmission des valeurs du sport en équipe : « le partage, l’entraide, la communication ». Lui-même fervent adepte de rugby, il fait participer ses équipes à des tournois. « Cela crée de surcroît de la complicité entre les salariés. »

De belles histoires.

Le dirigeant milite en outre, autour de lui, pour la cause de l’apprentissage dans le bâtiment, surtout auprès des dirigeants qui ont baissé les bras. « Il ne faut pas s’arrêter à une mauvaise expérience, d’autant que l’on vit parfois de belles histoires. » A l’image de celle de ce jeune réfugié d’Afghanistan, aujourd’hui permanent chez Romain Pascal. Sa grande motivation l’a aidé à dépasser les barrières de la langue et les différences culturelles, et le salarié a très vite appris le français. Romain Pascal se dit « heureux d’avoir participé à son émancipation ». Cet autre jeune en échec scolaire, congédié par deux fois de CFA, « et qui évoluait dans un climat familial toxique », lui réservera une autre surprise. « L’entreprise lui a fait confiance, et lui a permis de rentrer dans le cadre et de s’épanouir enfin. »

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