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La Part-Dieu s’ouvre sur la ville et se densifie

Mots clés : Centre commercial - Dallage - Gares, aéroports - Magasin - Toiture - Transport ferroviaire - Urbanisme - aménagement urbain

Le quartier d’affaires de la Part-Dieu à Lyon, créé dans les années 1960, va subir une restructuration urbaine profonde conduite par l’AUC. Le plan de référence, validé en 2014, prévoit sa densification, une meilleure accroche entre la dalle et le sol naturel, la rénovation de la gare TGV, le développement d’espaces publics, notamment en toiture du centre commercial. Gabriel Ehret

En 1960, Louis Pradel, maire de Lyon, obtient que l’immense caserne de la Part-Dieu soit cédée à la Ville. Son dessein d’y réaliser logements et équipements rencontre la volonté étatique de doter les métropoles françaises de centres décisionnels pouvant contrebalancer l’omnipotence de Paris. De ce double engagement naît en une génération une mini-Défense, dans un carré d’un kilomètre de côté et à un kilomètre du noyau historique que forme la Presqu’île, entre Saône et Rhône. Mini-Défense car elle repose en partie centrale sur le même principe d’une dalle piétonne surélevée, et qu’elle concentre sièges de sociétés et de banques. Devenue poumon économique, avec un quart des bureaux de l’agglomération et le plus gros centre commercial en centre-ville d’Europe, la Part-Dieu est aussi un cerveau : cité administrative d’État, hôtel de la Communauté urbaine, bibliothèque centrale, salle de concert. Pour ce qui est de l’âme, la Presqu’île reste préférée des Lyonnais, avec son fourmillement d’activités ne cessant pas le soir venu, contrairement à la Part-Dieu où ferment les bureaux et le centre commercial.

Le parc tertiaire continue à croître lorsque les premiers plans de refonte du quartier sont lancés, l’un en 1994 avec René Provost pour architecte en chef, le second en 2002 avec Jean-Pierre Buffi. Ces deux plans visent à corriger les défauts de l’urbanisme originel, notamment l’accès difficile à la dalle, et les coupures d’avec la ville, du fait des axes à très forte circulation sur ses bordures. Les passerelles menant à la dalle sont ainsi remplacées par des escaliers et ascenseurs, des espaces publics sont créés pour la relier au sol naturel, ou en tirer parti, telle l’esplanade des restaurants aménagée devant le centre commercial. Dans le même temps, la refonte des voiries en bordures est et nord entame la réalisation d’un parcours automobile continu et à double sens autour du quartier, devant dissuader les traversées de transit, mais aussi permettre les échanges piétons avec la ville alentour en conférant à ces voies un vrai statut d’espace public.

En bordure ouest, c’est la suite de ce parcours qu’apporte aujourd’hui (premier tronçon de 700 m livré en 2014) la transformation de la rue Garibaldi, où les trémies routières ont laissé place à une chaussée de plain-pied flanquée de deux couloirs de bus, plus une bande marchante et cyclable large de 12 à 19 m selon les sections, « corridor biologique » par l’abondance de ses plantations dont les eaux pluviales stockées à l’emplacement des trémies remblayées assurent l’arrosage (coconcepteurs : Atelier des Paysages/Passagers des Villes). La Communauté urbaine, aujourd’hui devenue Métropole,use de la Part-Dieu autant que de Confluence pour donner à Lyon un statut international. La Part-Dieu a deux indéniables atouts : c’est la seconde concentration tertiaire française – 1 million de m2et 50 000 emplois -, et un hub de transports exceptionnel – gare TGV, tram-train reliant l’aéroport, métro, trams, bus et cars régionaux.

Un triple objectif

En 2009, une pénurie de bureaux ainsi que la saturation de la gare TGV et celle du pôle de transports urbains ont décidé la collectivité de se lancer dans un nouveau plan d’aménagement du quartier. Pour concevoir et accompagner l’évolution de ces 177 ha, ont été choisis les architectes-urbanistes de l’AUC – François Decoster, Djamel Klouche et Caroline Poulin -, à la tête d’une équipe pluridisciplinaire (cf fiche technique p. 15). Constituée fin 2014 par la Métropole et la Ville, une SPL en assure la maîtrise budgétaire, réglementaire et opérationnelle. Pareille instance coordinatrice s’impose du fait que le projet s’étendra sur trois mandats, et qu’il faudra tout au long le négocier...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 242 du 18/05/2015
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