Régions Strasbourg

La mixité urbaine, enjeu clé des élections municipales

Mots clés : Elections

Temps fort de la campagne pour le premier tour des municipales, l’architecte strasbourgeois Gérard Altorffer a partagé sa vision de la ville mixte avec huit têtes de liste, le 3 février, au restaurant Le Bateau du Rhin : près de 300 personnes ont participé au débat animé par le Club de la presse de Strasbourg, représenté par « Le Moniteur », dans un site emblématique des mutations urbaines promises aux friches industrielles situées entre la ville et le Rhin.

Démontrer la ville créative

« Les artistes sont déjà là, en bail précaire, sur l’ancien site de la Coop d’Alsace. En gardant leurs ateliers installés dans les ruelles, dédales et passages, vous consolideriez l’esprit d’un lieu démonstratif de la ville créative. Je propose de l’appeler Le parcours des assembleurs », a lancé l’architecte au futur maire de Strasbourg, forcément présent parmi les personnalités politiques. Ces dernières ont ensuite réagi à ses propositions, avant de prendre possession des aquarelles dédicacées qui expriment la vision de Gérard Altorffer.
Entre la conférence et le débat, l’interruption d’une délégation de métallurgistes de la CGT a rappelé aux orateurs les menaces qui pèsent sur l’emploi industriel local : « Vous débattez ce soir de la mixité entre ville et industrie. Bientôt, cette question ne se posera plus », prédisent les syndicalistes. Pour le Front de gauche, Jean-Claude Val a enfoncé le clou : « En trente ans, la part des emplois industriels a chuté de 25 à 12 % à Strasbourg. » La priorité à l’emploi a aussi inspiré l’autre extrémité de l’échiquier politique : « Au lieu de dépenser 100 millions d’euros pour un tramway qui poussera les Strasbourgeois à consommer de l’autre côté de la frontière, créons d’abord de l’activité dans ces friches, et de l’habitat autour », s’est écrié Jean-Luc Schaffauser, pour le Rassemblement bleu marine.
Lié à l’urbanisation du secteur, le tramway vers Kehl a révélé l’une des lignes de fracture entre les deux têtes de liste créditées du plus grand nombre de suffrages : Fabienne Keller, ancienne maire et tête de liste UMP-Modem, a dénoncé le choix du tracé le plus cher, prescrit par le schéma directeur de Bernard Reichen et Alfred Peter. « Le tram constitue l’épine dorsale d’un projet qui supprimera les vides urbains », espère de son côté le maire socialiste sortant Roland Ries, appuyé sur ce point par Alain Jund, tête de liste des Verts, qui souhaite intensifier la coopération avec Kehl : « Travaillons ensemble sur les deux ports ! » s’est exclamé l’adjoint à l’urbanisme.
Partisan d’une intensification des efforts de reconversion des friches industrielles, François Loos, pour l’UDI, n’est pas revenu sur le tram, mais a relancé une autre hypothèse de transport public : celle d’une navette fluviale qui desservirait les anciennes emprises portuaires.

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