Architecture Technique Gros œuvre

La mixité bois-béton à l’honneur

Mots clés : Béton - Bois - Gros oeuvre

Afin d’utiliser au mieux les propriétés du bois et du béton, trois entreprises innovent.

Quoi de mieux pour construire bas carbone que d’utiliser un matériau qui stocke le dioxyde de carbone ? Afin de respecter cette priorité, AIA Ingénierie a mis au point la façade mixte bois-béton (FMB), un élément préfabriqué qui allie un mur à ossature bois porteur à un parement en béton. Ce module vient d’obtenir une Appréciation technique d’expérimentation (Atex) pour être mis en œuvre sur le futur siège de la Direction départementale des territoires et de la mer (DDTM), un édifice de quatre étages en construction à Vannes (Morbihan). Le mur de 7 m de long sur 3,5 m de haut et 25 cm d’épaisseur est équipé de connecteurs en acier galvanisé. Ces derniers, qui dépassent de 5,5 cm, sont ensuite noyés sur 3,5 cm dans du béton frais, de façon à créer une lame d’air de 2 cm entre les deux matériaux. « C’est bien le bois qui porte le béton », insiste Laurent Rossez, directeur Stratégie et Innovation du groupe AIA et inventeur du procédé. « L’association des deux matériaux permet d’obtenir des panneaux de grandes dimensions avec leurs ouvertures sans renfort », poursuit-il. Le bois évite au béton de se voiler ou de se fissurer lors du transport.

Enfin, le parement en béton C40/60 épais de 7 cm assure une première étanchéité, tout en bénéficiant de la qualité architectonique de la préfabrication. « Conformément aux règles de l’art, un pare-pluie est mis en œuvre sur le mur à ossature bois », précise Laurent Rossez. Positionner le béton à l’extérieur retarde l’échauffement et améliore le comportement thermique du bâtiment, tout en supprimant le risque d’inflammabilité du revêtement en façade.

Dalles de béton cellulaire.

Avec le même objectif, Compomur (hall 5A, stand P156) a choisi une logique inverse : l’inertie est assurée par la superposition de dalles de béton cellulaire placées côté intérieur. Le mur à ossature bois, qui assure la portance, est mis en œuvre sur l’extérieur. Les dalles pèsent 680 kg/m3 et mesurent 600 x 60 ou 600 x 70 cm et 15 cm d’épaisseur. « Produites par Xella sous la marque Hebel, elles se découpent facilement », assure Bruno Tabur, directeur Recherche et Développement de Compomur. Comme la façade FMB, cette solution n’utilise que des techniques éprouvées : en l’occurrence, un mur à ossature bois conforme au DTU 31.2 d’une part, et des dalles armées de béton cellulaire autoclavé d’autre part. Autre point commun : les dalles ne participent pas à la stabilité de la construction. (suite p. 78) (suite de la p. 77) Côté mise en œuvre, elles sont munies d’ergots qui facilitent leur empilement le long des parois et sont autoportantes. Enfin, elles assurent une protection au feu pendant six heures, selon leur avis technique qui porte sur leur mise en œuvre en panneaux de façade. Elles nécessitent toutefois une finition à l’intérieur.

Blocs à bancher.

Afin de simplifier les différentes étapes de la construction, y compris les finitions, la société Innomur (hall 5A, stand D23) présente le bloc Isostal : un bloc à bancher en bois moulé conçu pour réaliser des maisons individuelles. Ce bloc de 60 x 33 cm se met en œuvre comme un parpaing, la pénibilité en moins puisqu’il pèse 4,2 kg. Il sert de coffrage perdu pour couler ensuite le béton C25/30 sur une épaisseur de 15 cm. « Grâce au polystyrène expansé sur la face extérieure, le bloc assure à la fois l’isolation et la portance », explique Jean-Claude Lacaze, maçon et président d’Innomur. Troisième fonctionnalité, le bloc comprend aussi l’ossature du parement intérieur, ce qui facilite le passage des gaines et la pose des plaques de plâtre. Deux brevets ont été déposés : l’un concerne le bloc proprement dit et l’autre les écarteurs, également en bois moulé. Installés en parties haute et basse de chaque bloc, ils servent à la fois à assurer la géométrie des blocs et à maintenir les ferraillages du béton. Une demande d’Atex est en cours d’instruction sur ce produit.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

« Bien gérer l’hygroscopie du bois »

La mixité bois/béton peut améliorer le confort d’été, la sécurité au feu et l’isolation acoustique des ouvrages. Toutefois la nature hygroscopique du bois doit être prise en compte, surtout lorsqu’elle se traduit par des variations dimensionnelles. Ainsi, les systèmes de contre-cloison en béton cellulaire et les procédés de voiles extérieurs librement dilatables sans contact avec le béton frais limitent ce risque. Pour les blocs coffrants en bois moulé, le process de leur fabrication (haute pression et haute température) est probablement de nature à modifier les caractéristiques du matériau initial.

Eric Dibling, gérant du bureau d’études Ingénéco Technologies, membre de la Commission des avis techniques

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X