Régions Bordeaux

La métropole réconcilie construction et biodiversité

Mots clés : Conjoncture économique - Démarche environnementale - Electricité - Entreprise du BTP

N° 1 La Nouvelle-Aquitaine est la première région de France pour la production d’électricité d’origine solaire. Source : RTE.

+ 5,6 % Prévision de croissance 2017 pour la construction neuve en Nouvelle-Aquitaine.Source : Cerc Nouvelle- Aquitaine.

85 Nombre d’entreprises du BTP créées dans le Libournais en 2016.

Source : CCI.

Construire la ville autour des espaces naturels. Et non plus dessus. C’est la stratégie discutée ce vendredi en conseil métropolitain et sur laquelle Bordeaux Métropole a prévu de plancher ces trois prochaines années. « Notre volonté est de respecter notre objectif 50 % de nature et 50 % d’aménagements, explique Clément Rossignol-Puech, vice-président de la métropole chargé de la politique nature. Un enjeu au vu des bouleversements climatiques et de la chute de la biodiversité. » « La nature doit devenir le schéma directeur de notre aménagement. On commence à s’intéresser en premier aux enjeux écologiques, c’est nouveau », précise-t-on au sein de l’exécutif métropolitain. L’objectif est de traduire cette stratégie au sein du plan local de l’urbanisme intercommunal (PLUi), en 2018-2019.

Révision du zonage. Trois zones pourraient être créées : celles présentant peu d’intérêt écologique aujourd’hui et dans le futur, ciblées pour le développement économique et urbain ; les zones fonctionnelles à préserver et à valoriser (réservoirs de biodiversité) ; et celles qui sont dégradées, mais peuvent jouer un rôle structurant (zones potentielles de compensation et corridors écologiques). En partenariat avec des laboratoires universitaires et des associations (1), la métropole va procéder à l’inventaire écologique des 58 000 ha de son territoire afin d’identifier et de hiérarchiser les espèces, les zones humides, les corridors à préserver ou à restaurer. Une démarche également destinée à légitimer la remise en cause des zonages du PLUi de manière scientifique.

Certains d’entre eux sont en effet susceptibles de devenir non constructibles, par souci de préservation de la biodiversité, mais il ne s’agit pas de freiner le développement économique. L’idée est de le mener conjointement à la conservation du patrimoine naturel. Les diagnostics d’impact environnemental (faune, flore, eau, forêt) seront réalisés à grande échelle par la métropole. En conséquence, les entreprises souhaitant s’installer n’auront pas à les effectuer. « Elles seront gagnantes en termes de coûts et de délais », estime-t-on en interne.

Pour les mesures compensatoires, qui s’imposent aux maîtres d’ouvrage qui ne peuvent pas éviter ou réduire leur impact sur l’environnement, la métropole vise là aussi une démarche globale. Elle testera sur des sites pilotes différentes possibilités, via une régie métropolitaine ou un opérateur privé de compensation. Le but étant de créer de véritables poches de biodiversité au sein de l’espace métropolitain.

L’Aéroparc, site pilote. Pour élaborer sa stratégie, la métropole va tester différents scénarios sur l’opération d’intérêt métropolitain Bordeaux Aéroparc. Le site de 2 500 ha s’étend sur trois communes (Mérignac, Saint-Médard-en-Jalles et Le Haillan) et compte 35 000 emplois. Une surface plancher de 1 million de mètres carrés est visée, sur les 400 ha disponibles. Avec, en ligne de mire, la création de 10 000 emplois. En juin, un urbaniste sera désigné pour établir le plan-guide du site.

( 1 ) Biogeco, Irstea, Bordeaux Sciences Agro, Observatoire aquitain de la faune sauvage, Conservatoire botanique sud-atlantique.

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