Enquête

La mécanisation, mythe ou réalité ?

Mots clés : Artisanat - Innovations

Bâtiment. C’est l’un des enjeux de la profession : faire passer l’artisanat du bâtiment d’un métier manuel à une profession mécanisée, ouverte aux dernières innovations. Un bon moyen de gagner en sécurité et en productivité.

Depuis une dizaine d’année, la mécanisation des métiers de l’artisanat du bâtiment est en marche. Simplification des tâches, sécurité, productivité : les petites entreprises ont, sur le papier, tout à y gagner. Reste que la conjoncture morose ne facilite pas l’investissement. Comment conjuguer modernisation et rentabilité ? « La dynamique est engagée, c’est incontestable. On ne reviendra pas en arrière. Si les entreprises veulent conserver le modèle français, avec des salariés intégrés, la mécanisation est un levier indispensable. Pour autant, l’investissement s’avère important pour de petites structures qui n’amortiront le matériel qu’au bout de trois à cinq ans. Dans un contexte de crise, beaucoup hésitent », relève Julien Beideler, secrétaire général de l’UMGO (Union de la maçonnerie et du gros œuvre). Le grand changement porte sur le recours à la location. « Cela concerne aujourd’hui un tiers des entreprises, ce qui est significatif », reprend Ludovic Piquand, PDG d’Actemis, distributeur de matériel. « C’est un bon moyen de tester le matériel et de reporter son acquisition. » Ce procédé a cependant ses limites. « Un outil, même loué, doit être adapté afin de ne pas générer de risques », développe Gilles Margot, responsable des domaines à l’OPPBTP (Organisme professionnel de prévention du bâtiment et des travaux publics). Autre tendance lourde, la modularité des machines. « La fourche d’un chariot est remplacée par un godet pour changer de fonction. De plus en plus, une machine doit être multitâche. Certes, c’est une preuve de progrès ; néanmoins, cela peut engendrer des risques nouveaux », argumente Gilles Margot. « Le premier poste d’intérêt est la manutention, avec des plateformes qui permettent de travailler à niveau, de faciliter l’approvisionnement », relève Julien Beideler. Sur le petit matériel, en revanche, l’hésitation est moindre. Jusqu’à choisir les matériels les plus innovants ? Certains n’hésitent pas à franchir le cap. « Des jeunes entreprises choisissent de tester des systèmes de manutention autonomes, des machines plus techniques qui permettent un pilotage automatique », reprend Didier Miceli, patron d’AB Distribution. Pour Gilles Margot, « les artisans vont profiter de l’évolution des moteurs pour acheter des machines propres qui vont leur permettre de travailler dans de meilleures conditions ». « L’amélioration des conditions de travail permet de gagner en productivité. Une mesure sociale, pour être efficace, doit s’avérer aussi rentable économiquement. Il y a eu une prise de conscience des artisans sur le sujet », conclut Julien Beideler.

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Quatre matériels pour les artisans

Élévation 1. La nacelle tractée

Voici un matériel rare qui, pourtant, concourt grandement à la sécurité. La nacelle tractée, équipée de son essieu, s’attelle à l’arrière d’une camionnette. Arrivée sur le chantier, elle permet d’accéder à un mur ou à une toiture en toute sécurité. La difficulté tient à son calage, mais l’électronique embarquée apporte une aide précieuse en contrôlant l’assiette et la stabilisation, ce qui garantit une utilisation sûre.

Manutention 2. Le chariot à tourelle rotative

C’est le « must » pour un charpentier couvreur. Le chariot rotatif sert à la fois de chariot télescopique, de grue et de nacelle élévatrice. Il est radiocommandé. Roulant à 40 km/h, il peut arriver sur le chantier par ses propres moyens. Longtemps absent des parcs de location, il y est aujourd’hui présent. Une bonne occasion d’en goûter les avantages sans avoir à l’acquérir, car son prix est élevé.

Évacuation 3. La brouette motorisée

Thermique ou électrique, équipée de chenilles en caoutchouc lui permettant de franchir quelques marches — voire de gravir les escaliers pour certains modèles , la brouette motorisée est une excellente solution pour l’évacuation des gravats. Certaines ont des bennes élévatrices pour verser directement dans le camion, ou une pelle à l’avant pour s’autocharger.

Démolition 4.La micropelle

Les plus petits modèles de minipelles pèsent 800 kg, mesurent moins de 80 cm de large et sont calculés pour passer par une porte standard. C’est un matériel polyvalent qui peut servir à décaisser quand il est équipé d’un godet, ou à démolir à l’aide d’un marteau hydraulique. Son point noir : les émanations de gaz provenant de son moteur diesel, mais de nouveaux modèles électriques font leur apparition.

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