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La maîtrise d’ouvrage publique bientôt en mal de techniciens ?

Mots clés : Maîtrise d'ouvrage

L’Union des techniciens supérieurs des trois fonctions publiques s’inquiète du manque d’attractivité de leurs postes.

L’Union des techniciens supérieurs des trois fonctions publiques (UT3FP), qui rassemble plusieurs organisations représentatives des personnels techniques de ces trois branches, tire la sonnette d’alarme. Les postes de fonctionnaires techniciens supérieurs n’attirent plus. Ces agents de catégorie B à B + de la fonction publique débutent leur carrière à 1 270 euros net par mois et la terminent à 2 190 euros net, hors primes (celles-ci leur permettent d’améliorer leurs revenus jusqu’à 30 % en plus). Leur espoir de passer au grade supérieur d’ingénieur (catégorie A) est quasi nul. Cette progression concerne moins de 1 % des techniciens actuellement. « Si bien qu’au bout de 32 ans de carrière, un technicien n’a plus de perspective d’évolution », décrypte Benoît Dumont, le délégué national de l’UT3FP.

Dans ces conditions, les candidats à ces postes qui demandent des qualifications de niveau Bac + 2 à Bac + 5, des compétences aussi bien techniques que juridiques ou encore d’encadrement, seraient de plus en plus rares, selon l’UT3FP. Ainsi, à la suite d’un concours externe de techniciens supérieurs du ministère de l’Ecologie (Medde) il y a deux ans, tous les postes disponibles n’auraient pas été pourvus car les lauréats se seraient désistés. 60 000 techniciens supérieurs sont en activité, selon l’UT3FP. Mais la pyramide des âges « fait craindre pour l’avenir »… Les risques pour la maîtrise d’ouvrage publique sont importants. Car les techniciens supérieurs ont diverses fonctions et responsabilités dans les projets de construction, de rénovation, d’entretien et de maintenance : rédaction des cahiers des charges techniques des marchés publics dans le bâtiment comme pour les infrastructures routières, suivi des chantiers, lien avec la maîtrise d’œuvre, coordination, veille réglementaire dans divers domaines (commande publique, hygiène hospitalière, installations biomédicales…). « Dans les collectivités de 4 000 à 10 000 habitants, ils peuvent être directeurs des services techniques, illustre Erick Barbarossa, qui représente les techniciens des collectivités. Ils sont polyvalents, assurent une proximité immédiate avec les administrés et sont une interface entre ce que les élus demandent et les entreprises. » Ces dernières années, les techniciens supérieurs ont empilé les missions. En se formant au BIM (maquette numérique) notamment.

Interlocuteurs des entreprises.

La perte de cette expertise avec les départs à la retraite qui se profilent ne peut qu’affaiblir la maîtrise d’ouvrage publique. Pour les entreprises de BTP, cela implique « moins de projets, des besoins moins bien définis, des consultations plus compliquées, un manque de capacités pour défendre les dossiers et un risque d’externalisation », traduit Guy Guérin, représentant les techniciens du secteur de la santé. « Or nous avons besoin de technicité, d’expertise du côté du public pour suivre ce que font les entreprises, pour expliquer les travaux aux élus. Il faut que l’on puisse savoir transmettre ce que l’on veut dans des cahiers des charges », défend Erick Barbarossa. « Aujourd’hui, il faut faire mieux avec moins. Mais une bonne gestion du patrimoine implique de descendre sur le terrain. C’est le rôle du technicien », rappelle son collègue représentant la fonction publique d’Etat, Jérôme Friaud. Si la tendance actuelle au non-renouvellement des effectifs se confirmait, les entreprises perdraient un interlocuteur opérationnel essentiel au sein de la maîtrise d’ouvrage. Les techniciens supérieurs des trois fonctions publiques appellent donc à une meilleure reconnaissance de leurs métiers par une revalorisation de leur grille indiciaire et un accès facilité à la catégorie A. Ils espèrent être entendus par le ministère de la Fonction publique.

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