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La lumière messagère

Mots clés : Electricité - Equipements électriques - Télécommunications

Grâce aux LED, les luminaires deviennent un point d’entrée vers Internet.

Les diodes électroluminescentes (LED) n’ont pas encore révélé tout leur potentiel. Sous l’impulsion des industriels et des chercheurs, elles deviendront dans quelques années une alternative possible au Wi-Fi. En effet, ce composé électronique peut s’éteindre et s’allumer plusieurs millions de fois par seconde. Ces clignotements peuvent composer un message dans un langage binaire, à l’image de l’alphabet morse. Une machine, équipée d’un capteur approprié, peut le capter et utiliser cette information dans son fonctionnement. La lumière devient alors un intermédiaire entre un réseau et un ordinateur. L’industrie nomme ce procédé le Light Fidelity (Li-Fi). « Cette technologie présente l’avantage de fournir un accès à Internet sans émission d’ondes radio. Ces dernières provoquent des interférences avec certains appareils. Par ailleurs, elles peuvent être interceptées à l’extérieur d’une pièce, tandis qu’une connexion Li-Fi n’est possible que sous la lampe », explique Patrick Mottier, responsable des programmes LED au sein l’institut CEA-Leti de Grenoble.

Des capteurs trop encombrants.

Cependant aujourd’hui, les équipements sur le marché manquent encore de vitesse pour rivaliser avec le Wi-Fi. En outre, ils ne peuvent réceptionner une réponse envoyée par la machine. Toutefois, ils trouvent tout de même des usages. Depuis mai, l’hypermarché Carrefour Euralille à Lille guide ses clients par l’intermédiaire de luminaires conçus par Philips et de l’application portable Promo C-où. « L’éclairage envoie en continu ses coordonnées géographiques. La cellule photographique du téléphone récupère ce signal. Il associe cette information avec celles contenues dans l’application. La position de l’utilisateur dans le bâtiment s’affiche alors sur l’écran », indique Christophe Bresson, directeur de la communication de Philips Lighting France.
Dans les laboratoires, la prochaine étape est déjà franchie. Le CEA-Leti travaille avec la société Luciom à la conception d’un dispositif Li-Fi à haut débit. Les prototypes atteignent 10 Mbit/s en conditions réelles, et 20 Mbit/s en laboratoire, des performances comparables au Wi-Fi domestique. « Nous avons obtenu ces résultats avec des LED standard à distance comprise entre trois et cinq mètres », précise Patrick Mottier. Toutefois, ces appareils nécessitent encore un récepteur photosensible assez volumineux, qui se relie à l’ordinateur par un câble. Les constructeurs étudient les possibilités d’intégrer ce composant directement dans un appareil électronique. « La miniaturisation du capteur constitue l’un de nos axes de recherche, note le scientifique. Nous réfléchissons aussi aux installations extérieures et à la création de plusieurs accès à Internet à partir d’une même source de lumière. »

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