Territoires Nantes

La Loire, source d’inspiration des projets urbains

L’histoire a éloigné la Loire du quotidien des Nantais mais Johanna Rolland, présidente de Nantes Métropole, entend redonner à ce fleuve sauvage un rôle majeur. Pour cela, son équipe a mis en place, d’octobre 2014 à mai 2015, un grand débat citoyen, dont les conclusions ont permis à la métropole de retenir une trentaine d’orientations, plus ou moins nouvelles.

Outre l’expression de fortes attentes récréatives des habitants (des études pour une piscine seront lancées), ce débat a permis de redécouvrir que le fleuve pouvait encore être un support d’activités économiques. La métropole va explorer une offre de barging à l’échelle de l’estuaire, étudier son potentiel d’exploitation de l’énergie cinétique des courants fluviaux par des hydroliennes et, surtout, créer, pour 2020, une plate-forme de logistique fluviale dédiée aux flux de matériaux nécessaires aux grands chantiers à venir, dont beaucoup sont situés sur les bords de Loire (nouveau CHU, Rezé-Les Isles, Bas-Chantenay, Petite-Hollande…).

Axe structurant.

Au total, les urbanistes ont répertorié près de 200 hectares à aménager autour du fleuve, qui devient un axe structurant pour la métropole. « Rezé était identifiée comme une ville de banlieue mais, grâce à des projets comme la ZAC Pirmil-Les Isles, nous nous intégrons dans une centralité métropolitaine », explique Gérard Allard, maire de la ville de la rive sud. Nantes Métropole lancera d’ailleurs, dès cette année, une consultation d’urbanisme portant sur « le projet urbain des bords de Loire de centralité métropolitaine ». Objectif : établir, dès 2018, les cahiers des charges des premiers projets à horizon 2020-2025. Dans cette logique, « un concours international sera lancé en 2018 pour le réaménagement des espaces publics de la place de la Petite-Hollande, en intégrant la requalification du quai de la Fosse », a rappelé Johanna Rolland.

Reste la question centrale des franchissements. Au grand dam de l’architecte nantais Paul Poirier, qui rêvait de reconstruire un pont transbordeur, Nantes Métropole a tranché : c’est non. Pour les autres options, on reste dans le flou. Les études de tunnel ou de téléphérique se poursuivent dans le secteur ouest de Rezé-Chantenay, mais un nouveau pont semble exclu. En revanche, plus en amont, du foncier a été gelé pour ne pas empêcher la réalisation d’un nouvel ouvrage de franchissement entre l’ouest de l’île de Nantes et la gare maritime. Une certitude : le pont Anne-de-Bretagne sera élargi, notamment pour accueillir une nouvelle ligne de transport en commun (busway ou tramway). Les premières études techniques seront engagées cette année, pour une réalisation à l’horizon 2023-2025.
Si, globalement, les orientations retenues sont un brin décevantes, ce débat a au moins eu le mérite de changer le regard des Nantais sur leur fleuve. L’autre grand débat à venir portera sur la transition écologique. « Il devrait déboucher sur la réalisation de 20 à 25 projets partagés », a promis Johanna Rolland.

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