Edito

La loi de l’urgence

Alors que la crise grecque fait vaciller la zone euro et que le krach chinois fait trembler le reste du monde, la loi Macron pour la croissance, l’activité et l’égalité des chances économiques a été adoptée. Elle l’a été au moment où des signes de reprise se manifestent clairement, elle qui souhaite les amplifier, et à l’instant où de gros nuages viennent rafraîchir ce climat d’optimisme, elle qui souhaite l’entretenir.
Les semaines à venir nous diront si les chefs d’Etat européens et leurs homologues asiatiques parviennent à retourner ces situations dramatiques et à dépasser leur égoïsme (et celui de leurs opinions publiques) pour imposer la voix de la raison, y compris celle de la raison comptable. En France, en tout cas, le Premier ministre Manuel Valls a fait fi des réticences en forçant le vote de la loi Macron. S’il l’a fait en employant l’implacable article 49.3 de la Constitution, qui suspend la discussion du texte pour mettre au centre du débat la responsabilité du gouvernement, c’est qu’il y avait urgence. Le secteur du BTP, qui n’est pas le seul concerné par cette loi, ne pouvait attendre plus longtemps l’occasion de se libérer de contraintes d’un autre siècle et de se doter d’outils de modernisation.
Bien sûr, on aurait pu faire mieux et plus vite. Pourtant, une voie est ouverte. Côté majorité, des dents grincent très fort. Ce texte emprunte plus au libéralisme économique qu’à l’idéal social-démocrate. Mais on ne juge plus les hommes politiques sur leur capacité à tenir les promesses de campagne. Seule compte l’efficacité de l’action. Et on évaluera la loi Macron à l’aune de ses bénéfices réels.

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