Technique et chantier

La location de matériels va-t-elle se faire « uberiser » à son tour ?

Mots clés : Gestion immobilière - Télécommunications

Nouvelles technologies. Les plateformes Internet, qui parient sur la mise en relation directe, la mutualisation grâce à l’utilisation de nouvelles technologies, transforment tous les secteurs d’activité.

Depuis octobre 2015, Laurent Bernède, agriculteur dans le Lot-et-Garonne, a mis en place WeFarmUp à Toulouse, une plateforme de mise en relation de matériels agricoles. Via son site internet, équivalant à une place de marché, il développe le concept. « Le principe est nouveau. Il existe quelques exemples de ce type aux États-Unis et en Europe du Nord. Mais la notion de réciprocité a toujours prévalu entre voisins de terres. Avoir une machine et l’utiliser cinq fois par an, cela n’a pas de sens. Autant la louer, en faire profiter d’autres utilisateurs et rentabiliser son investissement. » Comment ça marche ? « Via une plateforme en ligne, les propriétaires proposent du matériel, récent et entretenu, garantit Laurent Bernède. Et les agriculteurs font ensuite leur choix. C’est un système à la carte. » D’ores et déjà, le site regroupe une communauté de 1 000 agriculteurs et autant de matériels divers, pour des locations de courte durée  trois à cinq jours en moyenne. « Pourquoi ne pas développer le concept dans le monde de la location de matériels de BTP ? » anticipe Laurent Bernède. Le Syndicat des loueurs avoue d’ailleurs suivre de près le sujet. La notion de partage monte incontestablement en puissance. « On regarde ce qui se fait. Cela semble compliqué à mettre en œuvre dans un secteur qui s’adresse à des professionnels », estime Bertrand Carret, président du DLR, qui nuance : « Ça peut exister, mais de façon marginale avec du matériel dormant, notamment pour des artisans. » Un avis partagé par les ténors du secteur, Loxam et Kiloutou. « La location n’est pas un métier de commodité. Ce n’est pas un hasard s’il n’y existe pas aujourd’hui d’expériences probantes de plateforme de location de matériels professionnels », estime Olivier Colleau, directeur général de Kiloutou. Même analyse pour Stéphane Hénon, directeur général de Loxam : « Quelques initiatives vont probablement émerger mais devraient rester anecdotiques en termes de volume. » Et tous de noter, cependant, la montée en puissance de l’économie d’usage et du collaboratif. Mais attention à la notion de sécurité ! « Quand on s’attaque à des machines de 5 t, les risques existent ; il faut être certain que le matériel est aux normes, fiable et entretenu », détaille Olivier Colleau. C’est aussi sur ces aspects que les loueurs traditionnels comptent bien se protéger car il est peu probable que les start-up de l’internet s’occupent des graissages et effectuent les vidanges…

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