Technique et chantier

La location de gros matériels attend la reprise annoncée des grands chantiers

Mots clés : Gestion immobilière

Spécialité. Malgré un niveau d’activité qui s’érode depuis 2014, les loueurs de gros matériels parient sur la reprise et investissent dans des machines très spécialisées.

Après une période morose, la location de gros matériels de BTP aperçoit le bout du tunnel. Le recours à la location s’est généralisé en raison de la crise. Plutôt que d’investir dans leurs grosses machines et de ne louer que le petit matériel, de nombreux entrepreneurs optent pour une situation intermédiaire. Il faut admettre que la fiscalité française favorise surtout l’investissement, à l’image de la récente loi de relance économique du gouvernement actuel. « C’est l’inverse au Royaume-Uni où de nombreux textes législatifs favorisent la location, regrette Philippe Dury, de CFE Location. On s’adapte au nombre d’heures avec des formules de location longue durée à haut niveau de service, ou au contraire sur des temps très courts, de vingt-quatre ou quarante-huit heures, au gré du client. » L’hyperspécialisation des machines joue aussi en faveur d’un regain d’intérêt. Les loueurs font ainsi le pari de machines spécialisées, souvent très coûteuses, qu’il est presque impossible d’amortir sur un seul chantier… « En dix ans, notre parc a évolué. En quantité, le nombre de machines n’a pas bougé, mais les gammes se sont élargies. Le nombre de machines pour travaux souterrains a été multiplié par 3 ou 4. L’adaptabilité est de mise, avec des systèmes hydrauliques modifiés, ou du guidage au laser », développe Philippe Dury. Son concurrent, Enco, mise également sur l’achat de machines très particulières comme les pelles rail-route. L’attrait de la nouveauté joue aussi à plein. « Nos machines sont très récentes », insiste Julien Château, responsable du service de location de gros matériels chez Bergerat Monnoyeur Services. Les clients apprécient ces engins de toute dernière génération, plus efficaces en termes de rendement, de confort et de consommation. Après un creux d’activité, de belles perspectives apparaissent. Le Grand Paris, le canal Seine-Nord, les travaux du plan autoroutier, les investissements pour l’entretien du réseau ferré secondaire, de nouvelles lignes à grande vitesse… Autant de grands projets qui devraient remettre le marché au beau fixe. « On conserve un certain nombre de machines pour être d’attaque quand ça va redémarrer », développe Philippe Dury. Chez Bergerat Monnoyeur, on attend de voir « si les projets dans les tuyaux se concrétisent réellement ». Pour l’heure, avec 13 millions d’euros pour son activité location de gros matériels, Bergerat Monnoyeur n’a pas renoué avec les années fastes.

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