Architecture Technique Rénovation

La Grande Arche retrouve son éclat

Un toit rouvert et attractif, des bureaux lumineux et sobres en énergie, une façade flambant neuve. L’Etat soigne son monument.

Un quart de siècle après son inauguration lors du bicentenaire de la Révolution française, la Grande Arche de La Défense a subi les outrages du temps. L’Etat français, propriétaire du toit et de la paroi sud occupée par le ministère de l’Ecologie et le ministère du Logement, a lancé en 2014 un dialogue compétitif en conception-construction pour la réhabilitation et l’amélioration des performances techniques de ce monument national. Les travaux sont réalisés par le groupe Eiffage, associé à Valode & Pistre Architectes, dans le cadre d’un bail emphytéotique administratif de vingtans.

Le cube évidé de 110 m de côté, conçu par Johan Otto von Spreckelsen et achevé après son décès par Paul Andreu (lire aussi p. 18), sera rendu accessible aux personnes à mobilité réduite grâce à des garde-corps, des bandes podotactiles et des cheminements antidérapants sur les emmarchements extérieurs. « La création de rampes est encore à l’étude, expose Etienne Bos, directeur Grands chantiers Eiffage Construction. Ces modifications sont réalisées en concertation avec Paul Andreu. »
En façade, la double peau sur la face extérieure du cube a déjà été rénovée il y a quelques années à la suite de désordres dus à la décohésion granulaire de la pierre de parement. Sur la face intérieure en revanche, le marbre de Carrare d’origine était resté en place, de même que sur les pignons et les tympans. Il sera remplacé par du granit Beetle White, d’aspect similaire. « C’est l’un des grands enjeux de ce chantier, estime Etienne Bos. Nous utiliserons des outils spécifiques bi-mâts sur les parties verticales et nous concevons un outil pour les tympans en dévers, qui sera installé en octobre. » Une grue se déplaçant sur un chemin de roulement sur le toit permettra d’acheminer le matériel.

Pont-promenade sur le toit.

Inaccessible depuis 2010, le toit accueillera de nouveau les visiteurs. Le belvédère deviendra un jardin suspendu et un pont-promenade sera construit au-dessus. Eiffage Concessions s’est associé à City One qui exploitera le toit, y compris ses auditoriums et espaces de restauration. Les deux ascenseurs panoramiques extérieurs seront rénovés et remis en service. Sensibles au vent, ils seront complétés par un ascenseur intérieur dédié, pour permettre un accès par tous les temps et indépendant du reste de l’édifice.

A l’intérieur, les équipes d’Eiffage ont démarré le curage en janvier. Les cloisons et les équipements techniques sont méthodiquement démontés par deux équipes travaillant simultanément : l’une du rez-de-chaussée au 15e étage, l’autre des niveaux 16 à 35. Aujourd’hui, 350 personnes s’activent sur le chantier. Elles seront 700 au plus fort des travaux. Les volumineux ventilo-convecteurs placés en allèges seront remplacés par des plafonds rayonnants, les châssis des fenêtres changés, la gestion technique centralisée affinée, et les cloisons vitrées offriront plus d’éclairement naturel. Résultat : le bâtiment rénové devrait consommer 100 kWhep/m².an. Les agents des deux ministères réintégreront les lieux en 2017, après une livraison prévue le 31 décembre 2016.

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ENCADRE

Maître d’ouvrage : Etat. Titulaire bail emphytéotique administratif : Eiffage Concession, avec City One. Conception-construction : Eiffage Construction, Valode & Pistre. Maintenance : Eiffage Services. Montant des travaux : 192 millions d’euros. Durée des travaux : vingt-sept mois. Livraison : 31 décembre 2016. Durée du bail emphytéotique administratif : vingt ans.

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