Régions Vosges du nord

La grâce de Lalique touche Wingen-sur-Moder

Les 18 et 19 septembre à 15 h, le syndicat mixte du musée Lalique invite le public à visiter un chantier phare des Journées du patrimoine, à la limite entre l’Alsace et la Lorraine. Dans cette dernière région, le palmarès 2010 des Rubans du patrimoine révèle une moisson de joyaux.

Le chantier du musée Lalique de Wingen-sur-Moder franchit l’une de ses dernières étapes, avec l’arrivée imminente des vitrines de verre collé en provenance d’Italie. L’évolution du programme et les intempéries de l’hiver 2009-2010 ont bousculé le calendrier du projet confié en 2005 à Wilmotte & Associés, sans modifier l’esprit qui anime ses promoteurs depuis quinze ans : ramener un peu de la notoriété mondiale de René Lalique dans le village où il a créé en 1921 la manufacture éponyme.

Contributions internationales

« Obtenu en 2007, le label des musées de France nous a conduits à abandonner l’idée d’un parcours spectacle au profit d’un véritable musée, avec sa collection permanente », explique Véronique Brumm, chef de projet. La nouvelle s’est répandue dans le monde entier : « Des Emirats, des USA, de Suisse et d’Israël, des propriétaires ont manifesté leur intention de mettre leurs œuvres à notre disposition, enrichissant ainsi nos propres acquisitions », témoigne Gaston Dann, président du syndicat mixte associant Wingen-sur-Moder, la communauté de communes du pays de la Petite Pierre, le département du Bas-Rhin et la région Alsace.
La reconnaissance officielle a réveillé un lustre endormi depuis 60 ans dans les réserves du Musée des Arts décoratifs à Paris. La pièce d’1,7 t et 2,30 m de hauteur a rejoint l’usine Lalique de Wingen, avant une implantation définitive dans la verrerie désaffectée du Hochberg, site du futur musée. Sa restauration nécessite la construction d’un four à bassin et de nouveaux moules, dans la manufacture qui emploie toujours 270 personnes. « Pour accueillir le lustre dans l’ancien atelier, nous avons abandonné l’idée de répartir les expositions sur deux niveaux, tout en conservant le bénéfice d’une charpente surdimensionnée. Cette nouvelle donne permettra de restituer le volume de la halle industrielle », se réjouit l’architecte Henrik Siebenpfeiffer, chargé du projet chez Wilmotte & Associés.
Sur la ferme en bois posée par le charpentier Schrepfer, le métallier Willem a greffé la poutre métallique et le treuil motorisé nécessaires à la manutention de la source lumineuse monumentale. Cette intervention restitue l’ambiance de l’atelier, soulignée par un éclairage évoquant l’éclat du feu dans la pénombre. La structure métallique et l’objet suspendu donnent l’une des clés du projet, qui reflète le contraste entre industrie lourde et production d’objets fragiles et précieux.
En contrebas de l’ancienne verrerie, l’extension contemporaine épouse le paysage des Vosges du nord : encastrée dans la pente, la baie de 9 m de largeur et 3,50 m de hauteur de la façade sud révèle un pâturage et une colline boisée. Couvert d’une toiture végétale, le bâtiment neuf restera invisible depuis la route reliant Haguenau et Sarreguemines.

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Lorraine : deux Rubans pour la Meuse

En Lorraine, la 15 e  édition des Rubans du patrimoine a récompensé la restauration de deux édifices religieux. A Gondrecourt-le-Château (1 200 habitants dans la Meuse), la municipalité a mis à contribution les fonds du GIP Meuse pour financer la restauration de l’église de la Nativité de la Vierge. Edifié au XI e siècle, le monument, riche en peintures murales, voûtes et tableaux, a bénéficié d’une réfection extérieure complète pour un montant de 343 000 euros. A Metz, les Rubans ont récompensé le remplacement à l’identique des ardoises « vieille allemande » de l’église Saint-Eucaire, édifice du V e siècle dont le clocher roman du XII e siècle constitue la pièce maîtresse. « Ce chantier a renoué avec des techniques anciennes », souligne Philippe Grange, délégué général de la FFB de Lorraine, partenaire de la Fondation du patrimoine. Le concours a également primé la rénovation de six anciennes fontaines dans le village meusien de Recourt-le-Creux.

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Fiche technique

Maître d’ouvrage : syndicat mixte.
Conducteur d’opération : Semha.
Architecte : Wilmotte & Associés.
Bureau d’études : AC Ingénierie.
Surface : 3 500 m 2 HON.
Calendrier : automne 2008-printemps 2011.
Budget : 11 millions d’euros.

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