Enjeux

La gestion des déchets passe par l’innovation

Mots clés : Gestion des déchets - Innovations

La Société du Grand Paris a dévoilé les résultats de son appel à projets innovants sur les déblais lancé avec l’Ademe.

Au cours des quinze prochaines années, les travaux du Grand Paris Express devraient générer 45 millions de tonnes de déblais, soit l’équivalent de 9 000 bassins olympiques de 2 mètres de profondeur. La Société du Grand Paris (SGP), qui s’est engagée à recycler 70 % des terres excavées à l’horizon 2020, a décidé de faire de cette contrainte une opportunité économique. Son objectif : développer une filière de traitement et de recyclage des déblais en Ile-de-France.

Phase de test de six mois. L’appel à projets innovants « Le Grand Paris des déblais », lancé en octobre dernier, en partenariat avec l’Agence de l’environnement et de la maîtrise de l’énergie (Ademe) et l’Agence régionale de l’environnement et des nouvelles énergies (Arene) participe de cette ambition. Le 29 mars, au salon des maires d’Ile-de-France, Philippe Yvin, président du directoire de la SGP, a dévoilé les six projets lauréats (lire encadré ci-dessous) proposés par des consortiums de grandes entreprises, des PME, des start-up et des acteurs du monde de la recherche. Les groupements sélectionnés vont maintenant expérimenter leurs solutions in situ sur les chantiers du futur métro (45 seront lancés d’ici à la fin de l’année) avec l’appui technique et méthodologique de la SGP et de l’Ademe. La phase de test pourra durer six mois.

Une septième solution « coup de cœur », le « premier km à câble », a aussi été distinguée. Présentée par S’Pace Sa, Mazaud, Vinci et Veolia, elle consiste en un transport des déblais entre le lieu d’extraction et celui de transfert par câble temporaire, démontable et réutilisable. « Sur les 74 dossiers reçus, beaucoup étaient de bonne qualité. C’est pourquoi, avec l’Ademe, nous sommes convenus de travailler avec des candidats non retenus », a annoncé Philippe Yvin.

Ces solutions innovantes, si elles sont validées à l’issue de leur expérimentation, optimiseront la politique de gestion des déchets mise en place par la SGP. Celle-ci repose sur un triptyque : traçabilité, développement du transport alternatif à la route et enfin, valorisation (volumes et matières). S’agissant de la valorisation des volumes, une étape-clé a été franchie le 30 mars. La SGP a signé un accord de partenariat, accompagné d’une charte de bonnes pratiques, avec 31 entreprises représentant plus de 200 sites de stockage, réaménagements de carrières, aménagements d’espaces verts, plates-formes intermédiaires de traitement agréées, pour la plupart localisés en Ile-de-France.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

Les six lauréats

– Guintoli (groupe NGE) pour « Diagnosol Express », solution identifiant en continu les composants des déblais et les éventuels polluants. Elle combine une approche informatique via le big data (cartographie de la composition chimique des matériaux) avec des capteurs placés sur les tunneliers (analyse en continu des terres excavées). D’où une évacuation rapide des déchets.

– Cemex et Innofreight pour leur « Schéma logistique d’évacuation des déblais du Grand Paris par train » associant conteneurs étanches, lavage automatique, chariot rotatif de vidage des conteneurs afin d’optimiser l’utilisation des flux ferroviaires servant à l’évacuation des déchets.

– Séché Eco-Services et Hoffmann JB Technologies pour « ProVaDBat », procédé de revalorisation des déblais en matériaux de construction s’appuyant sur la technologie brevetée HP2A (haute performance activation alcaline) qui permet de fabriquer du béton sans ciment. Débouchés : bordures de trottoirs, parkings…

– Terbis et ETPO pour « Solpur », qui consiste à valoriser les déchets de chantier en confortement de cavités souterraines.

– Valorhiz pour « TerraGenese », solution qui permet la création de terre fertile en mêlant déblais stériles et matières organiques.

– Joly & Loiret (architectes), deWulf (entrepreneur de matériaux) et Amàco (centre de recherche) pour « Du déblai à la brique de terre crue » : transformation des déblais de chantier en briques de terre crue pour le bâtiment.

En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X