Territoires Marseille

La géothermie marine arrive à Euroméditerranée

Mots clés : Energie renouvelable

A Marseille, dans l’emprise du port (môle d’Arenc), Engie Cofely et Climespace s’apprêtent à lancer les essais de Thassalia, la nouvelle centrale de géothermie marine d’Euroméditerranée. Sa mise en service est prévue à l’été. Avec un objectif de 600 000 m² de bâtiments raccordés à l’horizon 2020 grâce à un réseau de 3 km parcourant Euromed 1, une puissance installée de 18,4 MW de froid et de 18 MW de chaud, Thassalia s’annonce comme un équipement majeur de réduction des consommations d’énergie primaire et d’émission de gaz à effet de serre à l’échelle d’un morceau de ville. Les bâtiments d’Euroméditerranée 1 qui vont être desservis sont Euromed Center, Les Docks, le Parc habité d’Arenc, un bâtiment du conseil départemental des Bouches-du-Rhône, etc. Suivront, lorsqu’elles seront sorties de terre, les tours des quais d’Arenc dont, en premier lieu, La Marseillaise. Les exploitants prévoient à plus long terme d’irriguer le centre-ville, en fonction des utilisateurs qui se raccorderont au réseau.

Economie de 10 % par rapport aux énergies fossiles.

« Thassalia va être une référence en termes de géothermie marine à grande échelle et de solution centralisée, distribuant directement l’énergie frigorifique et calorifique aux bâtiments. Les gains par rapport à des installations individuelles sont très importants : -40 % de consommation électrique, -70 % de gaz à effet de serre, -65 % à -100 % de diminution des consommations d’eau », souligne Patrick Berardi, directeur général de Thassalia. Pour les futurs utilisateurs, l’avantage est également d’être alimentés par une énergie renouvelable moins chère (-10 % par rapport aux énergies fossiles) et dont l’évolution du coût dans le temps est maîtrisée. Autres intérêts : plus de tours de refroidissement dans les immeubles, une baisse du phénomène « îlot de chaleur » à l’échelle d’un quartier où se côtoient habitat et bureaux.

Le projet a vu le jour à l’automne 2014 grâce à une convention signée entre Engie Cofely et Climespace et les partenaires publics. L’investissement est de 35 millions d’euros, dont 5 millions d’aides de l’Etat et des collectivités. Car la principale contrainte d’installation de la géothermie marine est de réussir à financer un investissement de départ lourd, dont la rentabilité se fait à long terme. Le montage retenu a été une convention d’occupation de 35 ans du domaine public maritime et viaire de l’ex-communauté MPM (Marseille Provence Métropole) et de la SNCF.
Pour réaliser le bâtiment accueillant la centrale – une installation de 1 600 m² qui puisera à terme 3 600 m3/h d’eau de mer dans le port avec obligation de rejet dans une fourchette de plus ou moins cinq degrés, équipée de puissants thermo-frigo pompes et groupes frigorifiques -, les opérateurs ont fait appel à l’architecte Roland Carta. Celui-ci a imaginé un volume rectangulaire de 50 m de longueur et de 20 m de largeur, en béton brut. Les travaux ont été réalisés en lots séparés par une dizaine d’entreprises spécialisées.

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