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La géolocalisation gagne en précision avec Galileo

Mots clés : Entreprise du BTP

Les acteurs du BTP pourront suivre les mouvements des sols au millimètre près.

Galileo n’est pas seulement le nom d’un astronome, cartographe et mathématicien italien. C’est aussi celui du nouveau système de géolocalisation par satellite européen censé concurrencer le GPS (Global Positioning System) américain. Interopérable, c’est-à-dire compatible avec les réseaux satellites existants, ce système de seconde génération est plus précis – au mètre près, contre cinq à dix mètres pour le GPS – et pourrait bien révolutionner l’activité des gestionnaires de réseaux, d’infrastructures routières et d’ouvrages d’art tels que la SNCF et les grands acteurs du BTP. En croisant les données des 16 satellites de Galileo (dont deux sont prévus pour être lancés cet automne) avec les 31 satellites du GPS, les 24 satellites Glonass russes et les 34 stations terrestres Egnos (European Geostationary Navigation Overlay Service), ils pourront dès cet hiver positionner leurs projets au centimètre près, sans changer d’appareillage même en cas de défaillance de l’un des systèmes. Les signaux sont accessibles sur tous les récepteurs actuels une fois mis à jour : les téléphones portables, les calculateurs intégrés dans les engins de chantier ou encore les théodolites des géomètres.

Responsable du projet Galileo pour le compte de l’Union européenne, l’Agence spatiale européenne (ESA) prévoit déjà le lancement de dix autres satellites en 2017 et en 2018 pour affiner la précision. Il en faudra 30 au total pour que le système soit entièrement opérationnel. Sans attendre, le Centre national d’études spatiales (Cnes) commence déjà à commercialiser des contrats de nouveaux services. Le premier a été signé le 27 mai dernier avec la SNCF. « Avec le GPS, un conducteur de train sait où il se trouve, précise Jean-Yves Le Gall, président du Cnes. Avec Galileo, il saura sur quelle voie. » Mieux encore puisqu’avec les nouvelles méthodes d’interférométrie radar différentielle, soit la comparaison entre les signaux émis par des satellites différents, il affirme qu’il sera possible de « voir si les rails se déplacent ou si les ballasts s’enfoncent avec une précision de deux à trois millimètres ». Un procédé qui serait transposable à tous les réseaux routiers, autoroutiers et chantiers de travaux publics pour suivre les mouvements sur les voies, les mouvements des terrains ou le fluage des remblais. C’est une bonne nouvelle pour les entreprises d’ingénierie comme Egis, Vinci et Bouygues, qui s’intéressent aux technologies susceptibles d’améliorer la précision des relevés de terrain de façon automatique sans avoir à déplacer des équipes de géomètres sur place. De plus, une surveillance méthodique renforce la sécurité pour prévenir les pathologies sur les travaux en cours et évaluer les risques d’éboulement et de mouvements de terrain.

Nouvelle concurrence chinoise.

Lancé en 2003, le projet européen Galileo devait initialement être opérationnel en 2008. Il aura fallu attendre treize ans pour voir un début de concrétisation qui, selon l’ESA, devait générer quelque 10 milliards d’euros de chiffre d’affaires et environ 150 000 emplois. Mais, entre-temps, la concurrence s’est accrue. Principalement avec le développement de la galaxie Beidou/Compass, lancée en 2010 par les Chinois. Elle compte déjà 18 satellites opérationnels, certes survolant l’empire du Milieu, mais on peut être certain qu’ils couvriront le monde entier, et donc l’Europe, dans quelques années. 

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