Actu ALAIN BORNAREL, ingénieur, cofondateur des Off du développement durable

«La frugalité sert les territoires»

Mots clés : Aménagement paysager - Culte - Démarche environnementale

Avec sept projets dans une sélection qui en compte vingt-six, le paysage entre de plain-pied dans le Off du DD, à l’occasion de la quatrième édition de l’événement qui connaîtra son temps fort le 29 juin à Paris, à Lyon, à Marseille et à Montpellier.

Parmi ses fondateurs, Alain Bornarel détaille les apports du nouveau regard : les paysagistes consolident l’exigence de faire mieux avec moins, en rupture avec le culte de la croissance, même verte.

Pourquoi les Off du DD ont-ils décidé, cette année, de s’ouvrir davantage au paysage ?

Le bilan des trois premières éditions nous a conduits à prendre deux décisions pour cette année : concentrer la sélection sur le thème de la frugalité, et l’ouvrir aux professionnels du paysage. Sur ce dernier point, les organisateurs ont ressenti un manque, parmi les quelque 400 projets issus des trois premières sélections. De même, nos journées du Off ont attiré peu de paysagistes. Mettre le paquet se justifie d’autant plus que ces derniers ne déclinent pas exactement le développement durable de la même manière que les architectes, les ingénieurs et les urbanistes.

Et la frugalité ? Comment vous est venu ce thème ?

L’observation du vivier de projets sélectionnés depuis 2012 conduit à remarquer des constantes qui convergent vers cet te notion. La maîtrise draconienne de l’énergie, le maintien de la technologie à sa juste place, le choix de matériaux biosourcés, massivement illustré cette année par la paille et la terre crue : tous les projets qui vont dans ce sens renvoient à une vision de l’innovation qui consiste à faire mieux avec moins. Nous l’avons résumée par la frugalité qui s’oppose au green washing et à l’approche commerciale du développement durable, que suggère par exemple l’expression “croissance verte”.

Comment les paysagistes l’ont-ils déclinée ?

Ils poussent à l’extrême la recherche sur les matériaux et les pratiques participatives, tandis que l’énergie joue un rôle moindre dans les sept projets concernés, sur une sélection totale de vingt-six. Ces deux tendances se rejoignent au mont Brouilly, présenté par Samuel Auray : il n’importe aucun matériau de l’extérieur et mobilise des étudiants, des chasseurs, des artisans et des paysans locaux. Sur le projet parisien du Jardin Enchantié, centré sur la résidentialisation d’espaces extérieurs, les habitants ont mis en évidence des besoins évolutifs qui conduisent à réserver des zones à des usages futurs, encore inconnus. Le service rendu au territoire constitue un autre point fort des projets paysagers de cette sélection. Outre l’exemple de l’attractivité touristique stimulée au mont Brouilly, je citerai sur ce point la friche Giat de Saint-Chamond, dans la Loire : l’aménagement de ce lieu emblématique de la mémoire collective crée du lien entre deux parties de la ville.

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Vous lisez un article de la revue Paysage n° 400 du 16/06/2017
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