Enjeux

La formation au BIM déferle sur l’ingénierie

Mots clés : Apprentissages - Conception - Logiciels - Outils d'aide

La montée en compétences sur la maquette numérique concerne, à ce jour, en priorité les projeteurs.

Quelque 80 000 salariés de bureaux d’études doivent se former au building information mode-ling (BIM) à l’horizon 2020, soit 78 % des salariés.

C’est l’un des constats d’une étude (1) de l’Opiiec (2) sur l’évolution de l’ingénierie du BTP liée au BIM. L’enjeu est de taille. « A l’instar de la démarche qualité il y a quelques années, le BIM doit en effet être intégré à tous les process de l’entreprise », explique Thomas Clochon, délégué aux affaires sociales et à la formation chez Syntec- Ingénierie. 60 % des salariés concernés sont appelés à suivre des formations poussées, et 40 % se verront proposer des sensibilisations. Il existe deux types de formation : celles sur les méthodes de travail et celles sur les outils. Pour ces dernières, les éditeurs de logiciels proposent en général des sessions dans leur offre de service.

Priorité aux méthodes de travail. D’après le Fafiec, l’organisme paritaire collecteur agréé qui finance la formation professionnelle des métiers du numérique, de l’ingénierie du conseil et des études, on observe, sur l’année 2016, peu de différences dans les formations réalisées selon les tailles d’entreprises. Les bureaux d’études envoient se former en priorité leurs projeteurs (62 %) et leurs chargés d’études techniques (23 %). Les premiers deviendront des référents pour venir en support d’autres utilisateurs. Aujourd’hui, les formations concernent surtout les logiciels. « Or, l’ambition est de développer davantage celles sur les méthodes de travail, reprend Thomas Clochon. A ce titre, nous travaillons avec les organismes de formation et les écoles d’ingénieurs, qui investissent le marché de la formation continue. » A l’image de l’École spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l’industrie (ESTP, lire encadré ci-contre ). « L’idée est de former davantage de salariés intervenant de façon transverse », fait-il remarquer. Les chefs de projet ne représentent en effet, en 2016, que 8 % des personnes formées.

Mais d’après l’Opiiec, les offres de formation continue apparaissent encore insuffisantes en regard du saut technologique qu’occasionne le BIM. Les entreprises sont ainsi invitées à construire en interne des modules d’autoformation et à proposer des cellules d’expertise interne en support. « Cette étude confirme l’importance du plan d’actions de formation que nous avons mis en œuvre, ajoute Thomas Clochon. Ce plan concerne toutes les strates des métiers de l’ingénierie, et tous les publics – salariés, demandeurs d’emploi et étudiants – et associe tous les acteurs de la formation sur les méthodes liées au BIM. » Parmi les pistes dégagées à ce titre figurent la création de parcours certifiants BIM, pour permettre la montée en compétence des équipes, ou encore l’élaboration de supports de formations en ligne du type Mooc (massive open online courses) .

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Nouvelle formation certifiante à l'ESTP

Depuis début octobre, une quinzaine de salariés – ingénieurs, architectes ou encore géomètres – suivent « le projet en BIM », une nouvelle formation de l’École spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l’industrie (ESTP), conçue en partenariat avec Sightline Group. Objectif : permettre aux actifs du BTP d’acquérir la maîtrise des processus BIM et de la modélisation d’un projet de construction. Cette formation est dispensée un jour par semaine, pendant quatre mois et demi, à Cachan (Val-de-Marne), dans la salle de l’école dédiée au BIM. Les stagiaires travaillent, dans le cadre d’ateliers pratiques, autour d’un véritable projet.

A la clé, la délivrance d’un certificat cosigné ESTP Paris et Sightline Group. Les professionnels intéressés peuvent déjà s’inscrire à la deuxième session, qui doit démarrer au printemps prochain.

(1) Etude réalisée par KYU Lab et ACTH pour le compte de l’Opiiec, de février à juillet 2016, sur un panel de 135 personnes. (2) Observatoire paritaire des métiers de l’informatique, de l’ingénierie, des études et du conseil.
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