Territoires Ile de Ré

La Flotte ferme la porte aux inondations

Mots clés : Établissements industriels, agricoles, ICPE - Sécurite civile

Le 28 février 2010, lors de la tempête Xynthia, la mer s’engouffre dans le petit port de La Flotte, sur l’île de Ré (Charente-Maritime), et inonde plus de 300 maisons. Afin de se prémunir en cas de nouvelles catastrophes, le conseil départemental décide alors d’installer une porte antisubmersion à l’entrée du port.

Entièrement en métal, cet équipement a été fabriqué dans les locaux de l’entreprise Bouty de Cognac (Charente). Après une mise en peinture à Chartres, il a été livré sur le chantier le 20 avril dernier. « Au départ, l’idée avait été de ceinturer le port, mais les services de l’Etat ont refusé. Ensuite, l’hypothèse d’une porte fonctionnant selon le principe des écluses a été évoquée, mais là, c’est l’architecte des Bâtiments de France qui s’y est opposé, rappelle Didier Henry, responsable du dossier au sein de la direction des infrastructures au département. Il ne nous restait plus que la solution de la porte coulissante. »
Si l’on trouve quelques exemples de ce type d’ouvrage dans le nord de la France, son utilisation pour un port de plaisance semble inédite, selon le technicien. Pour permettre le fonctionnement de cet équipement de 14 m de long et près de 7 m de haut, le môle existant a été démoli et remplacé par un nouveau muret en béton armé habillé de pierres de taille. L’un des objectifs de ce mur – creux – est d’abriter la porte lorsqu’elle est ouverte. Une manière de permettre à cet ouvrage de s’intégrer parfaitement dans le paysage.
Côté technique, deux moteurs hydrauliques assurent le fonctionnement de cette porte de 45 t. En cas de défaillance, un groupe électrogène prendra le relais. « Il faut dix minutes pour l’ouvrir ou la fermer, poursuit le technicien. Nous l’actionnerons une dizaine de fois par an, afin d’éviter l’envasement des rails et d’assurer la maintenance. Le reste du temps, elle sera ouverte. » Sauf en cas de risque de submersion, évidemment.
En cours d’installation, l’ouvrage devrait être opérationnel début juillet. Pour protéger le reste de la commune, un muret coiffe désormais la digue Est. Sa hauteur varie de 0,70 m à 1,20 m. Construit en béton armé et pierre de taille, il s’étend sur 467 m. « Le niveau de protection de la digue a été dimensionné pour un événement de type Xynthia + 20 cm », insiste-t-on au département. Démarré en octobre dernier, le muret a été livré le 25 mars.
L’ensemble de ces travaux s’inscrit dans le cadre du programme d’actions de prévention des inondations (Papi). L’investissement s’élève à 5 millions d’euros. Rappelons que le département avait lancé en 2013 un vaste plan digues, qui représente 136 opérations pour un investissement global de 150 millions d’euros HT. Fin 2013, des travaux d’urgence ont été lancés sur 119 opérations – presque toutes achevées -, pour un montant de 46,9 millions d’euros TTC. Des procédures simplifiées ont été mises en œuvre pour huit opérations lancées en 2015, totalisant 49,4 millions d’euros TTC. A quoi s’ajoutent neuf opérations en cours d’étude pour un montant de 47 millions d’euros TTC. Pour la seule île de Ré, 45,12 millions d’euros HT ont été programmés. Ce chantier antisubmersion de la Flotte en fait partie.

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ENCADRE

Maître d’œuvre et d’ouvrage : conseil départemental de la Charente-Maritime. Entreprises : Entreprise Bonnet, Coda Génie civil & maritime, Etchart SA, Rouby Industrie, Ré Travaux publics. Financement : conseil départemental de la Charente-Maritime, Etat, communauté de communes de l’île de Ré, conseil régional Poitou-Charentes.

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