Technique et chantier

La Défense La tour PB12 reconstruite sur elle-même

Construite en 1973 par les architectes Dubuisson, Jausserand et Chalbot, la tour PB12 (ancienne tour du Crédit Lyonnais) s’ancre sur la rive sud du parvis de Paris-La Défense. Obsolescente, elle fait l’objet d’une grosse opération de restructuration. De lourds travaux de démolition, de rénovation et d’extension sont menés sur tous les fronts : infrastructure, superstructure, façades, équipements techniques, etc.

En infrastructure, les quatre niveaux anciennement occupés par les archives ont été démolis pour faire place à six niveaux de parkings (139 places de stationnement). Un travail réalisé sous haute surveillance acoustique et vibratoire pour ne pas perturber le bon fonctionnement du laboratoire de langue qui les surplombe. La surface hors oeuvre nette ainsi libérée du sous-sol a pu être réaffectée à la création, en superstructure, de 3 600 m2 de planchers répartis sur les 26 niveaux de l’immeuble. La tour a ainsi été élargie de 3,60 m en façade Est et de 0,70 m sur les autres façades, pour venir se caler en limite de gabarit autorisé.

Pour réaliser ces extensions, les poteaux porteurs périphériques en béton armé ont été démolis et évacués, après la construction et la fondation en infrastructure d’une nouvelle ossature porteuse constituée de tubes en acier remplis de béton.

Méthodologie en deux phases

Ces opérations, en voie d’achèvement, ont été réalisées en moins de trente mois pour tous les corps d’Etat, dont dix-huit mois pour la seule structure. Ce planning serré a obligé l’entreprise à intervenir sur tous les fronts simultanément, dans le cadre d’un phasage complexe visant à assurer en permanence la stabilité de la tour et la sécurité générale du chantier : délais réduits, cycles soutenus, multiplicité d’intervenants (charpentiers, équipes gros oeuvre, démolisseurs), « un vrai challenge technique », résume sobrement Jean-François Scheidt, responsable gros oeuvre de Bouygues Bâtiment Ile-de-France.

Autre difficulté : comprendre avant l’intervention comment transitaient les efforts dans la tour et où étaient situées les armatures ! D’où de nombreux sondages et carottages préalables : un an d’études au total. Sans oublier, au nombre des contraintes environnementales, l’exiguïté du chantier qui a rendu périlleuse la logistique d’approvisionnement par camions-toupies, la sécurité des 150 000 salariés du quartier qui passent au pied de la tour, ainsi que la proximité de la tour d’EDF, située à peine à… 2,50 m de l’extrémité de la flèche de grue !

Pour cette première en France de « reconstruction d’une tour sur elle-même », Bouygues a développé une méthodologie en deux phases :

En phase ascendante :

dépose de l’ensemble des châssis de façade ;

mise en place de la nouvelle ossature porteuse périphérique (poteaux mixtes acier-béton et poutres de liaisonnement avec le noyau) ;

– réalisation des planchers complémentaires.

En phase descendante :

découpe et évacuation des poteaux périphériques existants ;

mise en charge de la nouvelle ossature porteuse périphérique ;

clavetage des nouveaux planchers avec les anciens.

Au final, la tour PB12 légèrement épaissie et enveloppée de verre clair s’affiche comme le manifeste d’un savoir-faire de haute volée que Bouygues entend bien désormais valoriser, « d’autant que, dans un contexte francilien de raréfaction des terrains, la rénovation et la restructuration des bâtiments construits dans les années 70 sont devenues un nouvel enjeu », souligne Etienne Dumas, responsable projet chez Bouygues Bâtiment Ile-de-France.

MAITRISE D’OUVRAGE : Axa.

MAITRISE D’OUVRAGE DELEGUEE : Cogedim.

MAITRISE D’OEUVRE : Valode et Pistre, architectes ; OTH Bâtiment, bet fluides et maîtrise d’oeuvre d’exécution ; setec bâtiment, bet structure ; Delporte Aumont Laigneau, économiste ; Qualiconsult, coordonnateur SSI et bureau de contrôle ; Socotec, coordonnateur SPS.

ENTREPRISE PRINCIPALE : Bouygues bâtiment Ile-de-France.

CHARPENTE METALLIQUE : Barbot (Fayat groupe).

MONTANT DU CONTRAT (pour Bouygues Bâtiment Ile-de-France) : 51 millions d’euros.

PHOTOS : PARIS-LA DEFENSE. 2 500 tonnes de charpente métallique et 9 000 m3 de béton ont été nécessaires pour réaliser les 3 600 m2 d’extension répartis sur 26 niveaux.

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