Autres

La construction numérique se dessine

Mots clés : Entreprise du BTP - Logiciels - Outils d'aide

Le seul BIM ne suffit plus à Vinci Construction France qui entend digitaliser chaque étape du chantier.

«La filière construction entame aujourd’hui sa mutation numérique », constatait en mai Gérard Bienfait, président de Vinci Construction France, lors d’une présentation à la presse des enjeux du BIM (bâtiment et informations modélisés) pour le groupe. Une mutation déjà bien avancée pour son entreprise qui veut jouer le rôle de locomotive et déploie la construction numérique dans toutes ses filiales. Près de 200 collaborateurs sont déjà formés à l’utilisation d’outils de modélisation BIM pour leurs besoins quotidiens dans les études de méthodes et de structure, les études de prix ou la conception et la synthèse avec les corps d’état techniques. Et ils sont 500 à utiliser le navigateur BIM retenu par le groupe (BIMsight de Tekla), à tous les niveaux de l’entreprise.

« La maquette 3D, ce n’est pas nouveau, rappelle Philippe Robart, directeur ingénierie et innovation chez Vinci Construction France. Ce qui est nouveau, c’est d’inclure dans la maquette, outre les données géométriques des objets qui composent le bâtiment, des informations sur leurs caractéristiques (propriétés physiques, coût…). » Depuis deux ans, l’entreprise constitue sa propre bibliothèque d’objets numériques, Blue BIM Toolbox, jugeant peu exploitables les modèles proposés par les industriels. Les opérateurs doivent pouvoir disposer de différents niveaux de précision en fonction de l’étape du projet.

Le film du chantier en avance.

Au-delà de la maquette numérique de projet, Vinci Construction France veut digitaliser aussi le processus constructif pour voir le film du chantier en avance, visualiser étape par étape les phases de construction. « Un moyen de construire moins cher, plus en sécurité, qui permet au client final de personnaliser son projet », résume Gérard Bienfait. « De 30 à 40 % de la valeur de l’ouvrage fini est réalisée sur le chantier, estime Xavier Jacquety, directeur délégué de Vinci Construction France. Le gain de temps de mise en œuvre se traduit par une réduction des coûts. » Chaque chantier est unique mais il peut se décomposer en une multitude de tâches standard que le groupe s’emploie à numériser. Les interfaces entre corps d’état sont ainsi mieux gérées par les compagnons qui ont une vision plus globale des différentes tâches. Cette décomposition des tâches a, par exemple, permis de résoudre les difficultés de réalisation de formes gauches en plâtre à la fondation Louis-Vuitton : des outils de production à commande numérique ont réalisé des structures secondaires aux formes complexes sur lesquelles projeter le plâtre.

Cette démarche permet également de baisser le coût de construction des logements. Avec son offre de résidences Primméa lancée à la fin 2014, Vinci Construction France compte réduire de 30 % le prix des logements. Tous les éléments techniques du bâtiment sont sélectionnés avec des fournisseurs partenaires et l’ordonnancement des chantiers est repensé selon un même référentiel, quel que soit le lieu de réalisation. Il est ainsi possible d’aller beaucoup plus loin dans la préparation du chantier et de réduire les interfaces avec les corps de métiers réunis autour d’un même modèle numérique. La dématérialisation de plusieurs étapes de la conduite de chantier permet de réduire les coûts et les délais de production. A terme, les réunions de chantier hebdomadaires devraient ainsi disparaître. 

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X