Territoires Ferroviaire

« La concurrence fait bouger les zones de pertinence »

Mots clés : Concurrence

François Meyer, directeur territorial Nord-Pas-de-Calais-Picardie de SNCF Réseau.

Arrivé il y a un an à Lille, François Meyer hérite avec la réforme territoriale d’un des réseaux ferroviaires les plus riches de France. Mais aussi d’un réseau vieillissant… confronté à de nouveaux concurrents. Le tout dans un contexte budgétaire très contraint.

On n’avait jamais vu autant de bus devant la gare de Lille-Europe. L’univers du transport connaît une révolution…

Il est certain qu’une entreprise comme BlaBlaCar est, en très peu de temps, devenue un concurrent frontal du train. A partir de cette nouvelle donne, la question est : est-ce que je reste au ras du ballast, en me contentant de changer du rail, ou n’ai-je pas, au contraire, intérêt à penser mobilité globale ? Il vaut mieux, je crois, un plus gros gâteau avec plus d’acteurs. Le sujet neuf c’est la pertinence du réseau, dont les zones ne cessent de bouger. A quoi ressemblera le tissu urbain de cette région dans trente ans ?

Comment dès lors prioriser ses investissements ?

La priorité absolue c’est la maintenance. Ensuite, il y a le renouvellement des voies. Après vingt-cinq années de non-investissement en la matière, nous sommes depuis dix ans dans une stratégie de retournement. En 2016, SNCF Réseau a prévu d’investir 300 millions d’euros dans la modernisation du réseau régional : 57 aiguillages seront changés. Là aussi, nous priorisons les voies les plus circulées, au premier rang desquelles la LGV, dont le chantier, commencé en 2015, va nous emmener jusqu’en 2021. Notre budget étant très serré, le développement vient ensuite.

Durant sa campagne, Xavier Bertrand a déclaré qu’il n’avait aucun tabou sur le sujet…

Certes, mais « dans la limite des capacités financières de la région », je le cite. Il a aussi donné beaucoup de temps à la réflexion…

Le réseau nordiste compte près de 2 000 passages à niveau…

C’est un travail de fond. Nous avons supprimé celui de la Chapelle-d’Armentières en 2015, mais c’est très long : le dossier avait été ouvert en 2004. Trois autres sont en cours. Nous procédons également à des fermetures ou à l’aménagement de rabattements.

Le rail est-il en encore mesure de faire entrer en résonance pertinence et moyens ?

J’ai la conviction que oui. Le ferroviaire a les moyens de garder, à long terme, un réseau de qualité répondant aux besoins des usagers. Mais il est clair que nous n’avons plus les moyens de relier toutes les préfectures par une ligne à grande vitesse et les sous-préfectures par TER.

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