Régions Pas-de-Calais

La cité des Electriciens remonte le courant

Mots clés : Métier de la construction - Politique énergétique - Situation économique

27,4 M€ Budget 2017 de la communauté d’agglo du Douaisis dédié aux grands travaux et au développement économique.

8 M€ Prêts de haut de bilan accordés au bailleur Partenord Habitat (Nord) pour la rénovation thermique de son parc.

67 Nombre de projets de construction de nouvelles unités de méthanisation dans les Hauts-de-France.

Fondations des bâtiments presque inexistantes, matériaux de piètre qualité, état de délabrement avancé, sous-sol truffé de galeries, logements minuscules… Un sérieux coup de défibrillateur fut nécessaire pour redonner vie à l’une des premières cités minières de la région. Construite à Bruay-la-Buissière (Pas-de-Calais) entre 1856 et 1861 pour loger les mineurs travaillant dans la fosse n° 1, la cité n° 2 – dite des Electriciens en raison de ses noms de rues, empruntés à des scientifiques férus d’électricité -comprenait 37 logements de petite taille flanqués de leur carin, petit bâtiment annexe ancêtre des toilettes et de la salle de bains.

L’ensemble était à l’abandon quasi complet, en fort mauvais état et voué à la démolition par son propriétaire le bailleur Maisons & Cités. Les 15 millions d’euros HT de travaux – financés par la communauté d’agglomération de Béthune-Bruay Artois Lys Romane, devenue propriétaire de ce petit patrimoine (1) inscrit à l’inventaire supplémentaire des monuments historiques en 2009 – ont permis de transformer le site en un époustouflant centre d’interprétation du paysage (construction neuve, 250 m2 ) et de l’habitat miniers (bâtiments réhabilités, 500 m2 ) qui ouvrira ses portes au public à la rentrée.

Coup d’accélérateur par l’Unesco. « Nous travaillons depuis 2005 sur ce dossier, qui a bénéficié d’un sérieux coup d’accélérateur en 2012 avec le classement à l’Unesco. Ça a vraiment changé la donne », souligne Philippe Massardier, directeur des affaires culturelles de l’agglomération, maître d’ouvrage du pro-jet. L’entêtement de la collectivité et le savoir-faire de l’atelier d’architecture Philippe Prost, qui s’est vu confier les rênes en 2012, vont permettre de mener à bien ce spectaculaire réveil. « Nous ne voulions pas faire ici une réserve indienne. Heureusement, Maisons & Cités a joué le jeu en initiant une réhabilitation très qualitative des logements voisins, en les regroupant et en ajoutant des extensions. Le tout dans une optique bas carbone », illustre Philippe Prost.

Côté chantier, les obstacles à surmonter furent nombreux. A commencer par le comblement des nombreuses galeries souterraines issues de l’exploitation de la marne avant la création de la cité. « Il n’existait aucun plan de ces galeries, qui affleuraient parfois juste sous les logements. Le travail de comblement a donc été compliqué et coûteux », souligne Isabelle Mauchin, responsable de la cité des Electriciens au sein du service culturel de l’agglomération.

Autre difficulté notable : des bâtiments totalement déformés en raison de la quasi-inexistence de fondations. « Il a fallu refaire toutes les toitures à neuf. Nous avons récupéré les tuiles pour refaire les carins, ainsi que les briques des cloisons que nous avons enlevées. Le savoir-faire exceptionnel des maçons de Ramery sur le recyclage des briques nous a permis d’envisager un travail d’ajourage des murs pour laisser entrer la lumière dans les gîtes. A certains endroits, nous avons remis des fenêtres en simple vitrage. Cela a été compliqué, le charpentier nous a traités de fous ! », souligne l’architecte, très satisfait des solutions alternatives développées en continu sur le chantier.

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(1) Quatre résidences d’artistes (400 m2 ), quatre gîtes (340 m2 ) , treize carins (200 m2 ).
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