Enjeux Anniversaire

La Cité de l’architecture et du patrimoine souffle dix bouts de chandelle

Mots clés : Architecture - Conservation du patrimoine

L’institution culturelle inaugurée en 2007 avait trouvé son public. Mais sa situation économique fragile l’a contrainte à réduire ses ambitions et à s’amender.

Ce 17 septembre 2007, Nicolas Sarkozy découvre la Cité de l’architecture et du patrimoine qui s’est installée au Trocadéro, à Paris. Le président de la République jauge une maquette de la cathédrale de Royan, entre dans la reconstitution à l’échelle 1 d’un appartement de la Cité radieuse de Le Corbusier… Puis, devant un parterre d’architectes dont une poignée de lauréats du Pritzker – Jean Nouvel et Christian de Portzamparc, évidemment, mais aussi Rem Koolhaas, Zaha Hadid, Norman Foster… -, il clame sa volonté de « remettre l’architecture au cœur de nos choix politiques ». Et d’annoncer alors le lancement d’une réflexion sur « un nouveau projet d’aménagement global du Grand Paris ». L’ambition métropolitaine vient de prendre corps (lire p. 28) . La Cité, elle, est née. Enfin.

Sa création, en effet, n’a pas été sans mal. De projets modifiés et de chantier enlisé, treize ans ont été nécessaires pour qu’elle aboutisse. Mais en cette année 2007, le mariage de l’architecture et du patrimoine devient officiel. Sur 22 000 m² de l’aile est du Palais de Chaillot, le musée des Monuments français (MMF) créé en 1882, avec ses galeries de moulages splendides, et l’Ecole de Chaillot de 1887 ont été rejoints par l’Institut français d’architecture (IFA), datant lui de 1981. L’art de la construction est censé avoir là les moyens de séduire le grand public.

Dix ans plus tard, la Cité de l’architecture et du patrimoine fait plutôt profil bas. L’anniversaire sera fêté mais modestement. Un week-end portes ouvertes est prévu les 18 et 19 novembre prochains. Il permettra de découvrir gratuitement l’exposition temporaire « Globes. Architecture et sciences explorent le monde ». L’ambiance qui règne dans l’établissement, elle, semble résumée dans le titre d’un tract diffusé par une intersyndicale au début de l’été : « Ma Cité va-t-elle craquer pour ses dix ans ? »

La décrue des financements privés. En cause, le régime sec imposé depuis plusieurs années à l’institution. Plus largement, les critiques portent sur l’ensemble du modèle économique de départ. « La Cité est...

Vous lisez un article de la revue Moniteur n° 5940 du 15/09/2017
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