Edito

La chaîne doit faire bloc

Les plus impatients trépignent. Cela fait des années que la maquette numérique est promise à un avenir radieux mais, en 2017, le constat est indéniable : nous sommes toujours loin d’une pratique généralisée. Frustrant ? Peut-être. Désespérant ? Certainement pas. Du train à vapeur à l’ordinateur, chaque révolution technologique a besoin de temps pour s’imposer et susciter de nouvelles habitudes. Le BIM ne se fera pas en un jour.

La transition numérique est en marche, inexorablement, mais à vitesse variable. En conception, le BIM devient adulte. En maintenance, il est en pleine croissance. En exécution, il gazouille à peine. Pour passer à la vitesse supérieure, la machine numérique a besoin de la mobilisation de tous les maillons de la chaîne de la construction. La numérisation des outils du BTP ne déploiera tous ses effets qu’avec le partage des pratiques et l’harmonisation des standards. Imaginons une seule et même maquette accompagnant toute la vie du bâtiment ou de l’infrastructure : les gains de productivité seraient prodigieux.

Le BIM a besoin de la mobilisation de tous les acteurs de la construction.

Oui, mais voilà. Notre époque est celle de Wikipé-dia autant que du big data, du partage désintéressé de l’information autant que de sa monétisation maximale. Maîtres d’ouvrage, architectes, entreprises de travaux, BET et exploitants ont certes collectivement tout à gagner d’une mise en commun des données. Mais chacun a aussi conscience de la valeur de celles qu’il détient. La récente création d’ADN Construction, regroupant une partie des acteurs du BTP, met en évidence leur volonté de saisir les opportunités offertes par le numérique, mais aussi, en creux, les difficultés de collaboration à l’échelle de la filière, de l’éditeur de logiciels à l’entreprise de travaux.

Le Plan de transition numérique dans le bâtiment arrive à son terme en fin d’année. La prochaine étape, que devra initier le nouveau gouvernement, ne pourra faire l’économie d’une mission fédératrice. A défaut, les impatients auront de bonnes raisons de désespérer.

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