Edito Coup de chapeau

La caverne qui laisse baba

Trop jeune pour avoir vu l’homme de Cro-Magnon peindre le plafond de la grotte de Lascaux, tel un Michel-Ange de la préhistoire, il y a 18 000 ans ? Trop jeune pour avoir pu sillonner, entre 1949 et 1963, cette caverne dont les trésors pariétaux ont laissé Ali et les autres babas ? Patience… Le 15 décembre : « Sésame ouvre-toi ! » Enfin, ne rêvez pas. Aussi magique soit la formule, la grotte originale restera fermée pour raison de santé. Mais un fac-similé intégral, appelé « Lascaux IV », sera alors accessible à Montignac, en Dordogne, au futur Centre international de l’art pariétal.

Les 27 pièces monumentales de ce puzzle en 3D de 900 m² sont en cours d’assemblage. Voir de près la réplique de ces premières pierres de l’histoire de l’art provoque l’ébahissement. Chapeau aux peintres de l’Atelier des fac-similés du Périgord ! Millimètre carré par millimètre carré, ils ont reproduit les chevaux, aurochs, cerfs et autres bisons de ce bestiaire multimillénaire qui, disent‑ils, « semble avoir été peint la veille ». Oui, ces faussaires de l’art pariétal préhistorique ont eu l’immense privilège de visiter l’original pour vérifier leur copie.
Les architectes – Snøhetta (Norvège) et Duncan Lewis (France) – sont aussi des faussaires à leur manière. En 2012, ils ont conçu un bâtiment-paysage de 150 mètres de long, enfoui au pied de la colline de Lascaux comme une grotte. Un juste respect pour le site. Une expérience extraordinaire pour le visiteur, qui s’engouffrera dans une faille artificielle. Lors des prochaines fêtes de fin d’année, jeunes et moins jeunes, spéléologues ou pas, pourront sillonner cette caverne de béton orné qui, peut-être, les laissera aussi ébaubis.

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X