Architecture Technique Equipement scolaire

La cabane originelle à l’école maternelle

Mots clés : Architecture - Education - ERP sans hébergement

Une opération de restructuration offre l’occasion de revisiter l’architecture des établissements de la IIIe République.

Habiter dans une cabane au milieu des arbres : un rêve partagé par de nombreux enfants que vient concrétiser la réhabilitation de l’école maternelle Mainguy, à Bondy (Seine-Saint-Denis), abritée dans un bâtiment de la fin du XIXe siècle. L’intelligence de cette opération menée par l’architecte Farid Azib (Randja) est d’avoir su préserver ce patrimoine architectural, précieux témoignage des valeurs fondamentales de la République qu’il est aujourd’hui bon de rappeler – Liberté, Egalité, Fraternité – tout en y injectant la dimension ludique adaptée à la pédagogie d’aujourd’hui. Et ce, par l’introduction dans l’existant d’un volume en bois de forme organique qui abrite neuf salles de classes supplémentaires. Derrière les façades en meulière, les anciennes salles de classes ont trouvé une nouvelle jeunesse. Les faux plafonds ont été déposés pour faire réapparaître la belle charpente en bois et la généreuse hauteur sous plafond d’origine que les standards actuels de la construction n’autorisent plus, comme le regrette l’architecte. Gaines de ventilation et chemins de câbles restent visibles en plafond, traités comme des éléments ludiques, à l’instar de l’éclairage par tubes fluorescents assemblés trois par trois pour former des lustres d’un autre type. Se dégage alors des salles de classe une atmosphère d’atelier de bricolage qui stimule l’inventivité des enfants.

A hauteur des branchages.

C’est à l’étage que ces derniers accèdent à la partie neuve en extension, une sorte de cabane perchée au niveau de la frondaison des arbres. Tout y est réalisé en bois, mais à l’aide de matériaux du quotidien, comme s’il s’agissait d’autoconstruction : éléments de contreplaqué non peint pour le doublage intérieur des murs, panneaux acoustiques en laine de bois, très utilisés dans les parkings, etc. C’est avec le bardage extérieur que le matériau atteint un raffinement de mise en œuvre. Il est constitué de tasseaux en pin douglas verticaux, fixés sur une structure secondaire en acier qui épouse la forme ovoïdale de l’ouvrage. Au droit des ouvertures, lesdits tasseaux sont en légère retombée au-devant du vitrage, réduisant ainsi les fenêtres à des trous rudimentaires. Le nouveau corps de bâtiment, évidé en son centre, accueille la cour de récréation. Loin d’une zone de jeux sous surveillance, elle est un véritable espace de liberté doté d’une rocaille formant grotte (les sanitaires) réalisée en béton projeté (comme le rocher aux singes du zoo de Vincennes), ainsi que d’un unique platane, arbre de la connaissance autour duquel courent les enfants.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Ville de Bondy. Maîtrise d’œuvre : Randja- F. Azib (architecte), Emilie Forget (chef de projets) ; BET : Oregon (structure), Wor (fluides), Grandmougin (acoustique). Principales entreprises : Da Silva (gros œuvre,démolition), Ducloux (façades et charpente bois), SAS Morel (structure métallique), Alter Bâtiment (menuiseries). Surface : 1 837 m2 SP. Montant des travaux : 2,5 M€ HT.

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