Territoires Dunkerque

L’usine à gaz du XXIe siècle se prépare à accueillir son premier méthanier

Mots clés : Établissements industriels, agricoles, ICPE - Gaz

«Le chantier est terminé à 93-94 %. Les essais hors gaz (pré-commissioning et commissioning) ont débuté. Leur rythme permet de prévoir un premier bateau entre le 15 décembre et le 15 janvier prochains. Après la mise en gaz, il faudra encore prévoir un à trois mois de tests. » Depuis quatre ans, Olivier Thierry, le responsable de la communication de Dunkerque LNG (co-entreprise détenue par EDF, le Belge Fluxys et Total), a pris l’habitude de manier les informations avec précaution, mais cette fois, le démarrage industriel du terminal méthanier de Dunkerque est proche. Sa fonction : décharger le gaz (80 à 120 bateaux par an), le stocker sous forme liquide et le re-gazéifier pour l’acheminer jusqu’au client.

Rappelons la démesure de l’infrastructure : une plate-forme de 56 ha, dont 20 gagnés sur la mer ; des digues et des ouvrages maritimes ; un poste de réception d’une capacité de 270 000 m3 ; trois réservoirs de stockage de 190 000 m3 chacun ; une unité de re-gazéification ; et, bien sûr, les raccordements aux réseaux français et belge, l’objectif étant de couvrir 20 % de ces marchés.

Un tunnel jusqu’à Gravelines.

Et puis il y a ce tunnel de 5 km sous la mer. Il relie le terminal à la centrale nucléaire de Gravelines, dont l’eau chauffée par les réacteurs permettra la re-gazéification. La marge d’erreur était de 10 cm. L’opération a été encore compliquée par une panne du tunnelier qui a interrompu les travaux durant huit mois et nécessité cinq mois de réparation ainsi que… le creusement d’une autre galerie.

Tout cela appartient aujourd’hui au passé. La mise en eau du tunnel et l’amorçage de ses siphons se sont déroulés avec succès, tout comme les premiers essais de pompage et de circulation de l’eau. Après leur inertage (remplacement de l’oxygène par 3 millions de m3 d’azote gazeux), les réservoirs sont également prêts à recevoir le gaz. « Le process se met en place par petits bouts puis par plus gros bouts », résume Olivier Thierry.
Pendant ce temps, plus au sud, la zone naturelle du PAarc des Rives de l’Aa prend forme. Dans le cadre des mesures compensatoires au chantier du terminal, Dunkerque LNG a investi 3 millions d’euros sur ce site de 175 ha appelé à devenir à la fois parc paysager et base de sports et de loisirs. Le Sivom qui pilote le dossier a lancé un appel à projets pour y développer à partir de 2017 une activité de téléski nautique. Neuf candidats se sont positionnés, avec pour certains des ambitions allant bien au-delà, notamment en termes d’hôtellerie.

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