Architecture Technique Génie climatique

L’ordinateur qui fait même le chauffage

Mots clés : Chauffage - froid - Equipements techniques et finitions - Informatique - Radiateur

L’entreprise Qarnot Computing a conçu un serveur informatique qui peut se substituer à un radiateur électrique.

Depuis l’essor d’Internet, les réseaux informatiques tendent à se concentrer. La capacité de calcul et la mémoire sont maintenant rassemblées dans des centres de traitement des données, dans lesquels les ordinateurs de bureau piochent par le biais d’une connexion. Ces regroupements de serveurs présentent l’avantage de mutualiser des équipements. Cependant, ils dégagent d’importantes quantités de chaleur qui ne profitent à personne. La récupération de ces calories se révèle un enjeu environnemental essentiel. Créée en 2010, la jeune entreprise Qarnot Computing apporte une réponse originale au problème. Elle se propose de substituer aux radiateurs électriques des ordinateurs. Leur échauffement répond alors aux besoins de chauffage des habitants. La société commercialise depuis quatre ans le Q.rad, un boîtier qui contient trois processeurs et peut chauffer une pièce d’une surface comprise entre 14 et 28 m².

Equipement remplacé tous les trois ans.

Toutefois, pour monter en température, les appareils doivent effectuer des tâches. Qarnot Computing les loue à des clients en manque de puissance. « Les banques, les studios d’animation 3D ou les instituts de recherche emploient des applications qui nécessitent de nombreux calculs », observe Paul Benoit, cofondateur et P-DG de l’entreprise. Le souscripteur dépose les opérations à exécuter sur la plate-forme web de Qarnot Computing, baptisée Q.ware. Le logiciel répartit le travail entre les différents Q.rad en fonction de leur température de consigne. L’utilisateur règle cette dernière, grâce à un thermostat fixé sur le coffret. Afin de procéder à ce transfert, l’équipement doit être branché à une prise RJ45. La machine réceptionne les consignes et procède aux calculs. « Le radiateur est surdimensionné par rapport à la taille des composants électroniques. Les processeurs sont suffisamment refroidis pour se passer de ventilateur. Ainsi, le Q.rad n’émet aucun bruit, précise Paul Benoit. Si les besoins en chaleur dépassent la demande informatique, nous disposons d’une réserve d’opération à exécuter. De la sorte, les processeurs continuent de tourner. Dans le cas inverse, nous déportons les tâches vers des centres de traitement des données. » L’équipement est remplacé tous les trois ans pour conserver des performances optimales.

La jeune entreprise a réalisé une première installation en 2014 dans cent appartements du XVe arrondissement de Paris. Une deuxième est prévue cette année à Bordeaux. Le Pôle territorial de solidarité de la métropole et une résidence de 50 logements sociaux accueilleront la seconde mouture du Q.rad. Elle inclut une panoplie complète de capteurs, notamment des sondes de contrôle de la qualité de l’air. « Notre produit possède une capacité de calcul et un accès réseau. C’est la plate-forme idéale pour le bâtiment intelligent », souligne le P-DG. En outre, cette version est pilotable par le biais d’une application mobile.

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