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L’Internet des objets fait recette chez les bailleurs

Mots clés : Télécommunications

Utiles aux habitants, les objets connectés doivent surtout rendre service aux bailleurs.

Depuis cet été et pour quelques milliers d’euros, Bouygues Immobilier commercialise ses logements neufs avec l’option de gestion par Smartphone de sa filiale Flexom. Au menu : pilotage centralisé et à distance de l’éclairage, du chauffage et des volets roulants. Flexom intègre la plupart des objets connectés du marché car Bouygues a l’atout d’être à la fois constructeur et opérateur télécom. Ses concurrents (Vinci ou Eiffage) se rabattent sur les autres plates-formes Internet d’objets connectés comme celles de Sigfox, Intent Technologies, groupe Evin (Agiom), Orange ou Samsung (Artik Cloud).

Pour l’instant, le grand public n’adopte pas encore en masse les objets connectés. Généralement destinés à l’habitat individuel, parfois redondants, fragiles à l’usage, complexes à configurer par un néophyte, ces équipements sont souvent vite abandonnés, faute d’usage réel. Pour Cédric Locqueneux, auteur du « Guide de la maison et des objets connectés », les plus utiles sont liés à la gestion énergétique, à la sécurité et au confort : « Disposant d’un système de chauffage au bois, l’application la plus utile dans ma maison est l’automatisation des volets battants par bras pilotés à partir de l’agenda des occupants, de la saison, de la luminosité. La deuxième est l’extinction temporisée de l’éclairage, via un détecteur de présence. Puis, l’alarme de présence avec reconnaissance des visages pour savoir qui est là. » L’engouement est plus sensible chez les bailleurs sociaux. Depuis 2014, Habitat du Nord gère des logements avec une plate-forme Intent dont les données sont accessibles via le web ou une application mobile. Des capteurs de température et d’hygrométrie, inaccessibles aux occupants, informent le gestionnaire et le chauffagiste pour affiner le réglage des vannes d’équilibrage. De même, Immobilière Podeliha à Angers a testé des thermostats connectés Qivivo dès l’hiver 2014/2015 avec une réduction de 12 % des dépenses grâce à un détecteur de présence et au téléchargement des prévisions météo. D’autres applications couvrent la distribution d’eau froide et d’eau chaude avec pour objectif d’assurer un suivi des consommations personnelles et collectives. Le système détecte aussi les compteurs déconnectés au bout de six jours (contrôle de fonctionnement), opère des calculs de probabilité en cas de débit lent et constant (fuite) ou de branchements pirates. De même les ascenseurs d’ICF La Sablière sont équipés de capteurs de panne en temps réel gérés par Agiom. Et bien d’autres expérimentations sont testées pour gérer la ventilation, l’arrosage, l’éclairage, l’accessibilité ou la circulation des conteneurs de déchets ménagers.

Meilleur pilotage des équipements techniques.

Pour le Groupe 3F, qui travaille avec Impulse Labs et expérimente ces fonctions à grande échelle sur la plate-forme Intent dans un nouvel immeuble rue Marcadet à Paris XVIIIe, le potentiel de l’Internet des objets est très important. Autant pour les locataires, qui suivent alors précisément leurs consommations, que pour les gestionnaires, qui pilotent mieux les équipements techniques avec un suivi d’entretien préventif. Mais en aucun cas pour réduire le débit d’eau des locataires ayant oublié de régler leur facture… comme cela se pratique déjà chez quelques bailleurs en Belgique.

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