Enjeux

L’Internet des objets au service de la performance énergétique

Mots clés : Efficacité énergétique - Réglementation thermique et énergétique - Télécommunications

Des centaines de capteurs déployés dans différents bâtiments parisiens aideront à réaliser des économies.

L’Internet des objets ( Internet of Things ou IoT ) peut-il améliorer la performance énergétique des bâtiments ? Pour le démontrer, l’éditeur de logiciels Cisco mène actuellement une expérimentation inédite à Paris. Baptisée InDoor, elle consiste à collecter et analyser des données relatives aux consommations d’eau et d’énergie ainsi qu’au confort de plusieurs bâtiments du XII arrondissement. Ces informations sont envoyées aux gestionnaires et aux agents techniques qui peuvent alors optimiser les consommations et intervenir en cas d’anomalies.

« Cette expérimentation est sans équivalent en France par la variété des données collectées et par le fait qu’elles sont recueillies en temps réel », s’enthousiasme Emmanuel Tychon, l’architecte de solutions IoT en charge du projet chez Cisco. Plus d’une centaine de compteurs et de capteurs ont ainsi été installés dans trois bâtiments de la Ville – la crèche Druinot, le gymnase Reuilly et la mairie d’arrondissement – et dans 100 des 1 000 logements sociaux situés Porte Dorée et gérés par Paris Habitat. Une typologie qui offre un panel quasi complet du patrimoine de la Ville : administratif, petite enfance, sport et résidentiel. « Seuls manquent les établissements scolaires qui font déjà l’objet d’un contrat de partenariat de performance énergétique », signale Benoît Ricard, directeur général d’Energy, société d’ingénierie spécialisée en performance énergétique des bâtiments qui a défini les mesures à réaliser et établi le plan de comptage. Consommations d’eau, d’électricité, de gaz, température, taux d’humidité, niveau sonore, luminosité et présence d’usagers sont ainsi relevés par les capteurs. Dans les logements, seules la température et l’humidité sont mesurées, Paris Habitat souhaitant se concentrer sur la problématique du chauffage. Toutes les informations sont acheminées vers une plate-forme Web à laquelle seuls les acteurs techniques associés à InDoor ont accès.

Solutions pour éliminer le gaspillage. « Si la température au sein du gymnase grimpe lors d’entraînements sportifs d’adultes alors qu’elle est stable pour des scolaires, il est envisageable de réguler différemment le chauffage », note Benoît Ricard. Autre exemple : un niveau équivalent de luminosité relevé de nuit comme de jour à la crèche signifie sans doute l’oubli de l’extinction de l’éclairage. La mise en place d’un dispositif automatique horaire peut alors constituer une solution pour éliminer ce gaspillage. La problématique de Paris Habitat est autre : certains locataires se plaignent de ne pas avoir 19 °C dans leur logement. Est-ce dû à un problème dans la colonne montante ou à un ressenti en raison d’une forte humidité ? Les données relevées donneront les éléments de réponse. Un bilan est prévu en avril prochain à la fin de la saison de chauffe et de l’expérimentation.

100 logements, un gymnase, une crèche et une mairie sont passés au crible.

Pour Paris et le bailleur social, InDoor permet d’évaluer l’intérêt de ce type de dispositif. Une preuve de concept qui ne coûte pas un euro d’argent public. L’opération est entièrement financée par Cisco à hauteur de 500 000 euros environ. Emmanuel Tychon de conclure : « Avec InDoor, c’est la démonstration de l’utilité de l’IoT. » C’est aussi une démonstration du savoir-faire de l’entreprise… si d’aventure la capitale envisageait de généraliser l’expérience à tout ou partie de son patrimoine.

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