Enjeux

« L’insertion des diplômés de l’ESTP progresse »

Mots clés : Apprentissages - Conception - Enseignement supérieur - Logiciels - Outils d'aide - Monde du Travail - Travaux publics

BIM, formations, emploi des jeunes ingénieurs : la directrice de l’Ecole spéciale du bâtiment, des travaux publics et de l’industrie (ESTP) fait le point.

Florence Darmon, directrice de l’Ecole spéciale des travaux publics, du bâtiment et de l’industrie (ESTP).

La directrice de l’ESTP Florence Darmon commente les résultats de l’enquête sur l’insertion professionnelle des jeunes diplômés en 2015, et aborde l’actualité de l’établissement et des formations proposées.

Quelle est la situation de l’emploi des jeunes diplômés de l’école ?

700 ingénieurs sortent de l’ESTP chaque année. Notre enquête sur l’insertion professionnelle des diplômés en 2015 révèle que 94 % de ceux voulant travailler ont été recrutés en moins de quatre mois. C’est 2 % de plus que la promotion précédente. Avant le début de la crise, en 2008, les diplômés sortaient de l’école avec trois offres d’embauche. Actuellement, c’est plutôt deux. Dans la mesure où les enseignements couvrent la construction au sens large, l’ESTP offre aussi des débouchés du côté des maîtres d’ouvrage, dans le domaine des transports et de l’énergie, ou de l’immobilier et des bureaux de contrôle. Or, depuis le début de la crise, les secteurs se compensent les uns les autres. En 2015, les secteurs en tête du recrutement sont le bâtiment et les bureaux d’études techniques. Autre apport de notre enquête : les jeunes diplômés ont débuté avec un salaire annuel de 38 000 euros, en hausse de 1 000 euros par rapport à 2014. Leur salaire avait stagné à cause de la crise, on ressent donc un frémissement.

Quelle est votre actualité concernant les formations ?

Une option en travaux souterrains doit voir le jour à l’automne pour les étudiants en dernière année d’ingénieur, afin d’accompagner les projets du Grand Paris. En outre, nous réfléchissons actuellement, avec l’université de Créteil, à l’ouverture d’une licence en topographie. Un nombre important de topographes est en effet requis pour les projets souterrains du Grand Paris.

Comment prenez-vous en compte la montée en puissance du Business Information Modeling (BIM) ?

L’enseignement de la maquette numérique est généralisé à l’école, en formation initiale comme en formation continue : 85 % d’élèves ingénieurs sont déjà concernés, ainsi que 80 salariés suivant une formation continue. Après l’ouverture, à la rentrée dernière, d’une salle dédiée à l’enseignement du BIM qui permet de travailler en mode projet, nous envisageons à présent la création d’une salle pour nos entreprises partenaires, PME et entreprises de taille intermédiaire (ETI). De quoi permettre notamment à nos étudiants de dialoguer avec des professionnels.

Où en est l’école en matière de féminisation ?

L’ESTP compte 30 % de jeunes filles. J’ai coutume de dire qu’il y a autant de différences entre deux hommes qu’entre un homme et une femme. Il reste qu’en pratique les femmes sont souvent davantage attirées par la dimension esthétique, l’architecture, par les domaines du bâtiment et de l’efficacité énergétique. Dans le bâtiment, on a moins besoin de se déplacer alors que, dans les travaux publics, on est souvent sur la route. Ainsi, la filière du double diplôme ingénieur-architecte regroupe environ 50 % d’étudiantes. Mais nous souhaiterions compter dans nos rangs davantage de futures conductrices de travaux. Les débouchés sont en effet en théorie les mêmes pour les jeunes femmes que pour les jeunes hommes. Ils sont en tout cas embauchés à salaire égal : nos entreprises partenaires ont, aux mêmes postes, les mêmes grilles de salaires. Pour le reste, c’est la personnalité du jeune qui joue.

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