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« L’ingénierie doit être conquérante et attractive »

Pour le président de Cinov, Dominique Sutra del Galy, on n’a jamais eu autant besoin d’une ingénierie indépendante.

Alors que le congrès annuel de la fédération Cinov se tient du 21 au 23 avril à Clermont-Ferrand, son président Dominique Sutra del Galy révèle les conditions nécessaires pour que l’ingénierie demeure indispensable aux yeux des maîtres d’ouvrage, dont les attentes ont évolué.

Le 1er janvier, la réforme de la formation professionnelle est devenue opérationnelle. Vous convient-elle ?

Nous comprenons les obligations de solidarité portées par la réforme, mais elles réduisent d’autant la capacité à financer nos formations, en particulier pour les PME. Dans une période économique difficile, où les attentes des clients sont complexes et où les évolutions des technologies sont constantes, les professionnels de la prestation intellectuelle n’ont pourtant jamais eu autant besoin de se former ! La plupart des entreprises voient d’ailleurs leurs budgets de formation augmenter. Notre secteur évolue très vite et il faut que nous nous y adaptions.

Comment évoluent vos métiers ?

Les évolutions touchent pour beaucoup la notion de mobilité, qui sera au cœur des thématiques de notre congrès. Outre l’intégration de la digitalisation de nos métiers (BIM notamment), nos entreprises doivent être de plus en plus souples et mobiles pour accepter les nouvelles formes de travail (coworking, télétravail…) et les nouvelles attentes des maîtres d’ouvrage.

Quelles sont ces nouvelles attentes ?

Au-delà de la technique, de plus en plus de maîtres d’ouvrage ont besoin de conseils juridiques ou financiers. L’ingénierie doit être conquérante et plus attractive en s’emparant de ces sujets en amont des projets. Je parle de consultance. C’est à cette seule condition qu’elle se rendra indispensable, à une époque où l’on a tendance à vouloir résumer l’acte de construire à une relation bilatérale entre un maître d’ouvrage et une entreprise de construction. Je suis persuadé qu’on n’a jamais eu autant besoin d’une ingénierie indépendante.

En particulier dans les contrats globaux ?

Oui, et je suis inquiet sur ce point. Ces derniers mois, nombre de marchés de conception-réalisation ont eu tendance à éclipser le rôle de l’ingénierie, l’entreprise générale mandataire prenant à son compte, souvent avec l’acceptation passive du maître d’ouvrage, certaines composantes de l’ingénierie comme les études structurelles ou d’économie du projet. Ce n’est ni acceptable ni pertinent, car l’indépendance de l’ingénieriste dans ces groupements est garante de la qualité du projet. Je devrais bientôt échanger avec EGF BTP sur cette dérive observée. De notre côté, il faut que nous soyons aussi plus forts pour faire entendre notre voix.

Vous prônez en ce sens l’unification des métiers de l’ingénierie…

Construire une véritable filière de la prestation intellectuelle est en effet le meilleur signal que nous puissions envoyer aux maîtres d’ouvrage. En mars, les architectes de copropriétés sont venus nous rejoindre au sein de Cinov, après Syneole il y a un an. Il faut décloisonner nos professions pour que nous puissions répondre à l’essentiel de la demande du client, en réalisant des prestations de qualité à coût maîtrisé. Rappelons-nous que les 2 % en moyenne de prestations intellectuelles dépensées par un maître d’ouvrage sur un projet vont influer sur 80 % de la vie de celui-ci, de sa conception à son exploitation.

Retrouvez l’intégralité de l’interview sur www.lemoniteur.fr/sutra

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