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L’information géographique pour gérer l’aléa climatique

Mots clés : Informatique

Le mariage de l’informatique et de la cartographie aide les décideurs à comprendre et agir différemment. De nombreuses applications existent déjà.

En 2013, les Nations unies décernaient le titre de « champion de la Terre » à sept personnalités dont l’action avait eu « un impact significatif et positif sur l’environnement ». C’est la plus haute distinction environnementale attribuée par l’organisateur de la COP21. Parmi les lauréats figuraient Brian McClendon et Jack Dangermond, deux Américains qui ont marié l’informatique et la cartographie dans une science baptisée « information géographique ». Le premier, cofondateur de Google Earth, est à l’origine de l’essor grand public de « cet outil puissant de surveillance de l’état de l’environnement mondial ». Le second, architecte et scientifique, a fondé la société Esri qui édite un des logiciels – appelés aussi systèmes d’information géographique (SIG) – les plus performants à ce jour pour accéder « à la meilleure technologie d’analyse et de visualisation géospatiale ». L’information géographique apporte, en effet, une vision cartographique et surtout dynamique des données environnementales localisées sur des fonds de carte (calques), afin de comprendre, gérer et surtout aider à agir sur un territoire. Outre le leader ArcGIS (édité par Esri), une demi-douzaine de SIG sont actuellement utilisés dans le monde : AutoCAD Map 3D d’Autodesk (USA), MapInfo Professional de Pitney Bowes Software (USA), Map MicroStation de Bentley (USA), Elyx de 1Spatial Star-Apic (Royaume-Uni, Belgique, France) ou encore le Français Geoconcept.

Risques de montée des eaux.

De nombreuses applications sont déjà opérationnelles dans le monde du BTP, de l’environnement, de l’urbanisme ou de l’aménagement. De grands opérateurs publics ou privés – comme Veolia, Suez, GRTgaz, Bouygues, Egis, SNCF Réseau et Orange – les utilisent quotidiennement pour préparer et gérer leurs travaux et leurs chantiers. L’administration centrale, les collectivités locales et les urbanistes y font aussi appel pour aménager les territoires. Et surtout pour cartographier les zones sensibles à la montée des eaux : recul du trait de côte, débordements de cours d’eau, ruissellements consécutifs au changement climatique et aux inondations. En France, une grande partie de ce travail est conduite par l’Observatoire national des risques naturels, qui a notamment cartographié la catastrophe Xynthia de 2010. Le site Internet public E-risk (1) publie aussi des cartes interactives des zones exposées aux inondations, coulées de boue, sécheresses, mouvements de terrain, séismes ou avalanches. L’institut d’aménagement et d’urbanisme (IAU) de la région Ile-de-France va plus loin, en modélisant les enjeux du développement urbain. Son SIG compte plus de 2 000 couches de données dans tous les domaines utiles à un aménagement durable : mode d’occupation des sols, zones inondables, projets… L’institut réalise ainsi des simulations pour visualiser les hauteurs d’eau atteintes sur le bâti en cas de crue et révéler les problèmes d’impact et d’accessibilité. Cette visualisation en 3D, plus accessible que les plans de prévention des risques d’inondation (PPRI), est exploitée par les préfectures de police (Paris, Hauts-de-Seine et Val-de-Marne) pour informer le grand public et les professionnels sur le comportement à adopter avant, pendant et après un tel événement.

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