Architecture Technique Procédé constructif

L’industrialisation pour réduire la durée du chantier

Mots clés : Entreprise du BTP - Technique de construction

En une journée, Eiffage est capable d’édifier un bâtiment habitable clés en main. Le succès de cette démonstration l’incite à décliner son processus Plug & Play dans des projets plus ambitieux.

Vingt-quatre semaines pour concevoir un petit collectif de 250 m² sur trois niveaux. Et seulement vingt-quatre heures pour le construire. Ce démonstrateur, baptisé Plug & Play, érigé par Eiffage en juillet 2015 dans l’enceinte du parc des expositions de Rennes (Ille-et-Vilaine), a montré son efficacité. Moins d’un an après, « cette innovation trouve sa place dans le management de nouveaux contrats, annonce Philippe Trillot, directeur études et projets chez Eiffage Construction, avec un impact qui se fera sentir à long terme sur l’acte de construire ». Car il s’agit bien d’une performance qui touche l’approche conceptuelle de l’industrialisation des métiers du bâtiment, avec l’assemblage de produits courants. Tout le credo du Plug & Play est là : améliorer la phase de conception, préparer des colis en usine, les assembler sur site, diminuer la durée d’intervention sur le chantier.

Le Plug & Play n’est pas un simple préfabriqué comme tant d’autres. « Ce n’est pas une œuvre architecturale, mais c’est un véritable bâtiment de qualité, livré clés en main, transportable, meublé et immédiatement habitable. Il a été réalisé avec les matériaux et les produits classiques de l’architecture traditionnelle, comme le bois pour la structure ou le Trespa dans la façade. » La démonstration met en lumière trois nouveautés. D’abord, la puissance des outils du BIM (building information modeling) pour définir et concevoir un bâtiment en trois dimensions jusque dans ses moindres détails, en respectant toutes les normes et en maîtrisant les coûts. Ensuite, cette opération prouve le savoir-faire d’une grande entreprise intégrée de construction dans la maîtrise de la logistique et la réduction drastique de la durée d’un chantier, pour atténuer le risque d’aléas organisationnels ou climatiques. Enfin, l’expérience montre que la préfabrication d’éléments en filière sèche en usine est parfaitement maîtrisée, de bout en bout. Désormais, comme dans bien d’autres secteurs, l’industrialisation a définitivement gagné le cœur de la construction. « Certes, chaque bâtiment reste un prototype, admet Philippe Trillot, et nous réaliserons toujours des projets uniques grâce à la variété des moyens technologiques dont nous disposons. » La qualité en plus.

Exercice grandeur nature.

L’intense travail de préparation et de conception conduit par une équipe d’une vingtaine de personnes a permis à Eiffage Construction de définir le projet en moins de six mois jusque dans ses moindres détails, et de le réaliser en moins d’une journée. D’autres entreprises du groupe ont participé. C’est le cas de HVA-Concept, qui a mis au point un nouveau procédé de prêt-à-poser des éléments de cuisine et de salle de bains. De même, les éléments de parois et planchers composés d’ossature bois et de béton ont été pré-équipés en huisseries et en réseaux filaires dès leur fabrication/montage en atelier. L’ensemble du bâtiment est réparti en 67 colis facilement transportables et assemblables. Clemessy, filiale d’Eiffage Energie, a assuré la logistique et le phasage grâce à une bible de montage incluant l’ordonnancement des opérations à réaliser sur le chantier opéré par une trentaine de personnes. C’est un exercice réel de management de projet. « Plug & Play nous a permis de maîtriser l’ensemble de l’organisation d’un projet clés en main, de la conception à la réalisation », souligne Philippe Trillot.

L’impact est déjà perceptible, plus particulièrement sur les contrats signés par Eiffage fin 2015 et en 2016 : un internat de 250 lits à Clermont-Ferrand (Puy-de-Dôme), dont le chantier durera sept mois ; un immeuble de 120 logements réalisé en filière sèche bois (CLT), à édifier en huit mois à Ris-Orangis (Essonne). Mais aussi et surtout la réalisation de la future tour Hyperion de Bordeaux Euratlantique où Eiffage collabore avec Woodeum, 3F, Clairsienne et l’agence d’architecture Jean-Paul Viguier. Avec 7 000 m² de Shon sur 18 niveaux et 57 m de haut, ce sera le bâtiment à structure bois le plus élevé d’Europe.
« Nous inscrivons nos activités dans une logique de développement de la filière sèche », souligne Philippe Trillot. Un élément permettant non seulement de construire autrement, mais aussi de contribuer à la réalisation de bâtiments durables et affichant un niveau bas carbone, avec le label BBCA délivré par Certivéa.

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ENCADRE

Projet : Construction d’un collectif en R + 2 (2 logements de 60 et 80 m², terrasses). Maître d’ouvrage : Eiffage. Maîtrise d’œuvre : Eiffage Construction (pilotage, structure et corps d’état), Eiffage Energie (fluides), Clemessy (outil logistique), Eiffage Infrastructures (accès et VRD), HVA-Concept (modules salle de bains/cuisine) . Surface : 250 m². Budget : non précisé.

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