Intérieur BIENNALE DE SAINT-ÉTIENNE

L’IMPOSSIBLE DÉFINITION DU TRAVAIL

Mots clés : Architecture intérieure - Travail

La 10e édition de la Biennale de Saint-Etienne a mis en scène les relations qu’entretient le design avec le travail. Les mutations de ce dernier, sous les effets conjugués de la robotisation, de la digitalisation et de la mondialisation, y sont explorées pour naviguer du réalisme à la fiction.

« Working Promesse, les mutations du travail », la thématique de la Biennale internationale de design de Saint-Etienne, qui s’est déroulée du 9 mars au 9 avril, avait de quoi chahuter les esprits.

Elle demandait en effet au visiteur de s’immerger dans une dynamique déroutante pour s’interroger sur les évolutions du travail.

Quelle relation celui-ci entretient-il avec le design ? Quelle place occupe-t-il dans nos vies entre les certitudes d’hier, les instabilités d’aujourd’hui et les inconnues de demain ? La disparition d’une définition sociétale partagée exigeait de prendre le temps pour entrevoir de nouveaux repères. Afin de dérouler le fil de ce tissu complexe, les propositions retenues mettent en lumière différents aspects du travail : le design est économique et social pour rebondir ; critique pour présenter la vacuité de certains modèles ; facilitateur du quotidien jusqu’à son revers, la dépendance ; outil de mesure capable d’anticipation ; enfin, il est engagé, protecteur du vivant dans ses rapports avec la technologie.

Détroit, membre du Réseau des villes créatives de l’Unesco et invitée d’honneur à Saint-Etienne, apporte la réponse la plus concrète. En trois espaces à la Cité du design, l’ancienne capitale automobile aborde l’innovation comme une chorégraphie qui relie les personnes, les objets et les lieux par le mouvement. Grâce au design, elle développe depuis plusieurs années des missions porteuses de travail dans un élan « bottom up » (du bas vers le haut). Les exemples de revalorisation d’espaces et d’objets contribuant à une renaissance de Détroit fourmillent, comme en témoignent les travaux des architectes de l’agence Akoaki (Anya Sirota et Jean-Louis Farges) ou du studio Laavu. Clin d’œil au passé musical de la ville, ce dernier a conçu un abri nomade pour DJ, le ShiftSpace, à la manière d’une soucoupe volante. Dans l’espace « Footwork », l’artiste Tiff Massey a apposé des images de l’héritage industriel dans un papier peint pour remplacer les habituels médaillons, les photographies du travail jouant d’un contraste inattendu.

Productivité domestique

Souvent, la biennale montre un regard critique à l’égard d’un travail qui a perdu son sens. Avec « La Gueule de l’emploi », les étudiants de l’école supérieure d’art et design de Saint-Etienne (ESADSE) décrètent avec ironie la fin de certaines pratiques. La scénographie dénonce par exemple les tests de personnalité. La Table d’orientation mise au point par Charles Corthier et Anaïs Maillard reprend le test Riasec de John Holland (des années 1950) pour servir l’illusion de trouver un métier à partir d’une centaine de compétences.

Le Bullshit Game, de Daria Ayvazova, s’inspire des travaux de l’anthropologue David Graeber qui accuse notre société de...

Vous lisez un article de la revue AMC n° 260 du 17/05/2017
PAS ENCORE ABONNÉ
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X