Architecture Technique Gestion de projet

L’hôpital d’Ajaccio se construit en BIM

Mots clés : Établissements de soins - Logiciels - Outils d'aide

Ce chantier affiche l’ambition d’être piloté de A à Z depuis une maquette numérique, de l’avant-projet jusqu’à la maintenance. Une première en France.

Concevoir et réaliser un hôpital de 50 000 m² entièrement en BIM (Building information modeling), enrichir une maquette numérique au fur et à mesure de l’avancement des travaux pour aboutir à une base de données complète et précise de l’ensemble des équipements, qui servira de support à la maintenance du bâtiment tout au long de son exploitation : c’est l’objectif ambitieux que Michel Filleul, directeur de projet du Centre hospitalier d’Ajaccio, a assigné à Inso, entreprise mandataire du marché. Encore peu habituée à ce type d’environnement, celle-ci a choisi de confier au Centre scientifique et technique du bâtiment (CSTB) la mission d’assurer la cohérence générale des données, de contrôler la qualité de la maquette et de la démarche. Concrètement, le CSTB opère une transition directe entre maîtrise d’œuvre et maîtrise d’ouvrage. La maquette est d’abord élaborée sous la conduite de la maîtrise d’œuvre des études (Aaart, BIM manager) avec le logiciel de CAO (conception assistée par ordinateur) Revit d’Autodesk choisi par le centre hospitalier. Tous les transferts sont réalisés via la plate-forme eveBIM (environnement virtuel enrichi, mis au point par le CSTB) pour assurer une navigation directe et des accès rapides. De son côté, la maîtrise d’ouvrage est assistée par Nomade Architecture. Résultat : « Ce projet est piloté de A à Z depuis une maquette numérique. C’est une première en France », met en avant Eric Lebègue, responsable d’affaires au CSTB.

Le chantier est actuellement en phase gros œuvre, sur les trois zones d’un terrain très pentu : zone basse (R + 3 construit), zone moyenne (fondations en cours), zone haute (rez-de-chaussée construit). En apparence, son organisation est classique mais avec une différence de taille : les revues de projet se font toujours sur écran, via le BIM.

Maquette décomposée en trois parties.

La maquette fournit un maximum d’informations aux entreprises du groupement qui, progressivement, se sont habituées à y recourir. En retour, elles renseignent sur les travaux réellement conduits et les matériaux utilisés. Ces données sont ensuite réintégrées dans la maquette numérique au fur et à mesure de l’avancement. « Certes cela prend du temps, mais c’est le prix à payer pour avoir une base de données opérationnelle et pérenne qui nous fait gagner en efficacité en synthèse, estime Michel Filleul. Tout est dans la maquette et dans l’armoire à plans qui lui est associée : pas besoin d’aller chercher ailleurs. » Dans la pratique, la maquette numérique se décompose en trois parties, sur lesquelles interviennent les maîtres d’œuvre du chantier : architecture et enveloppe (Inso), structure (Berim), réseaux (SNC Lavalin). Le maître d’ouvrage peut lire et accéder directement aux données le concernant via l’application eveBIM. Au fil du temps, la maquette s’enrichit de données sur l’enveloppe générale du bâti, puis sur les produits mis en œuvre, les techniques utilisées et les détails de conception. Elle garde aussi en mémoire les modifications et sert à l’édition des plans d’exécution.

Le travail de consolidation et de synthèse effectué par le CSTB pour Inso permet d’identifier les clashs et de réduire les problèmes en phase d’exécution. Grâce à cette détection en amont, l’exécution du chantier est plus rapide qu’avant, une fois les utilisateurs aguerris à la méthode. La réalisation des lots techniques qui débutera en avril amplifiera le processus. Plusieurs dizaines d’entreprises et leurs sous-traitants du second œuvre auront alors accès à toutes les informations concernant leurs lots. Ces données extraites directement de la maquette apportent un maximum d’informations sur les quantités (métrage, nombre, volume) et les techniques (identification des réseaux, matériaux, structure) mis en œuvre.
Il reste que l’utilisation d’un processus BIM exige un réel apprentissage. Les échanges entre la maquette et les sous-traitants non équipés numériquement seront assurés par le mandataire qui tient le rôle de BIM manager en phase d’exécution. Dans la pratique, Inso va produire les plans pour les sous-traitants et ressaisira les événements du chantier sur la maquette.

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ENCADRE

Maîtrise d’ouvrage : Centre hospitalier d’Ajaccio / Samop (Société d’assistance à maîtrise d’ouvrage pluridisciplinaire). Marché conception-réalisation : mandataire Inso (Italie) avec TPBat (cotraitant). Architectes : Aart Farah Architectes Associés (mandataire) et FD Architecture Dominique Federici. Ingénierie : SNC Lavalin (lots techniques), Berim (structure), Oasiis (performance environnementale), CSTB (maquette numérique).

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