Territoires Dunkerque

L’heure de la deuxième reconstruction a sonné

Mots clés : Rénovation d'ouvrage

Pour qui a eu un jour la curiosité de la découvrir, Dunkerque vaut bien mieux que sa triste réputation. La ville la plus septentrionale de France ne se résume pas à ses industries. Ouverte sur la mer, elle offre des horizons et une lumière uniques dans le Nord. Par ailleurs, sa reconstruction après la Seconde Guerre mondiale par l’urbaniste Théodore Leveau et l’architecte Jean Niermans – les fameux Ilots rouges – fut plutôt bien menée. Hélas ! Il ne s’est pas passé grand-chose de notable depuis, ce qui fait qu’aujourd’hui les Dunkerquois ont une image dévaluée de leur cadre de vie. Le programme « Parc Marine » (qui s’inscrit dans le projet plus vaste de redynamisation de l’agglomération baptisé Phœnix) a précisément pour objectif de les rendre à nouveau fiers leur cité. Il s’agit en l’occurrence de rendre le centre et l’hypercentre plus attractifs en les densifiant tout en créant une boucle commerciale piétonne traversant les cœurs d’îlots. Disposant encore de terrains sur ce secteur, la communauté urbaine de Dunkerque (CUD) et la Ville ont lancé, mi-2015, une consultation d’opérateurs en vue de cessions foncières avec charges. « Parce que nous souhaitions tester le volet commerces, nous avons organisé une sorte de dialogue compétitif entre trois opérateurs, rapporte Catherine Martos, la directrice des projets urbains de la CUD. Finalement, nous avons retenu Vinci Immobilier. »

Deux ans de travaux.

Sur cette base, un protocole d’accord a été signé et il a été demandé à Vinci Immobilier de lancer une consultation d’architectes. En mai dernier, l’agence Tandem + a été retenue pour assurer la maîtrise d’œuvre de l’opération, dont l’estimation tourne autour de 35 millions d’euros. Le programme « Parc Marine » prévoit une surface de plancher commerciale de 7 200 m2, 104 logements (77 en locatif social et 27 en accession), 400 m2 de bureaux et une crèche de 300 m2. Avant d’entrer dans le vif du sujet, il va toutefois falloir démolir une école (dans le cadre de la réorganisation du patrimoine scolaire de la collectivité) et un petit blockhaus, des travaux qui sont sur le point de débuter. « Nous avons, en revanche, souhaité conserver l’ancien bâtiment des Affaires maritimes, élément du patrimoine de la reconstruction, qui se trouve sur le site, pour en faire l’une des portes d’entrée de la future rue intérieure », précise Catherine Martos.

L’amélioration des espaces publics – une faiblesse du Nord – est une volonté ferme du président de la CUD et maire de Dunkerque Patrice Vergriete, qui entend profiter de la mise en place d’ici à 2019 du nouveau réseau de bus (gratuit) « DK’Plus de mobilité » pour travailler ce sujet, avec, fait-on savoir en mairie, « une dimension de design urbain importante ». La collectivité réfléchit notamment à couvrir partiellement le circuit piétonnier avec des auvents afin de rendre plus confortables des déambulations souvent perturbées par la combinaison de la pluie et du vent.
La promesse de vente à Vinci Immobilier devrait intervenir avant la fin de l’année, pour un dépôt de permis de construire dans le courant du premier semestre 2017. Les travaux, d’une durée de deux ans, s’étaleront entre la fin 2017 et la fin 2019.
Rappelons que le projet Phœnix prévoit encore un renforcement de l’offre de loisirs en cœur de ville avec, entre autres, la construction imminente d’une patinoire près de la Halle aux sucres et la création d’un petit pôle d’activités tertiaires dans le quartier de la gare, opération qui a été confiée à la Société de développement du Dunkerquois (S3D), une Saem.
Quelques semaines après le tournage par Christopher Nolan du film « Dunkirk » retraçant l’opération Dynamo, force est de constater qu’une nouvelle dynamique a été impulsée. Le fameux « esprit de Dunkerque », que défend avec ferveur Patrice Vergriete. 

Vous devez être abonné au moniteur pour lire la suite de ce contenu
PAS ENCORE ABONNÉ
ENCADRE

De la gare à la digue de Malo-les-Bains

L’ambition de la collectivité d’offrir aux Dunkerquois des espaces publics de qualité ne se limite pas à l’hypercentre. Dans le cadre du projet « DK’Plus de mobilité », il est notamment envisagé de créer un parcours piétonnier de la gare à l’hôtel de ville.
A l’autre bout de la ville, dans le quartier de Malo-les-Bains, « la plus belle plage du Nord », les choses bougent également. L’agence Attitudes urbaines s’apprête à formuler ses propositions dans le cadre de la mission de requalification urbaine, paysagère et infrastructurelle de la digue ouest qui lui a été confiée par la Ville de Dunkerque. Il s’agit, d’une part, de rehausser ce point bas exposé au risque de submersion marine et, d’autre part, de faire le lien, via la passerelle de Brigit de Kosmi, avec le nouveau quartier du Grand Large, lui-même en cours de connexion avec le centre-ville. Un schéma directeur de l’aménagement de l’ensemble de la digue prolongera par la suite cette opération.

Votre avis ?
En poursuivant votre navigation sur ce site, vous acceptez l'utilisation de cookies pour vous proposer des services et offres adaptés à vos centres d'intérêt. OK En savoir plus X