Actualité Clichy-Montfermeil

L’habitat privé dégradé cède la place au logement social

Le projet de rénovation urbaine du quartier du Plateau mobilise 565 millions d’euros. Deux opérateurs sont au cœur du dispositif : l’AFTRP, en charge du traitement des copropriétés dégradées, et le groupe 3F qui assure la moitié des reconstructions de logements sociaux.

Le quartier du Plateau à Clichy-sous-Bois/Montfermeil (4 700 logements) fait partie des sites emblématiques du programme national de rénovation urbaine. Situé à 15 km à l’est de Paris, totalement enclavé, il se caractérise par une forte prédominance des copropriétés dégradées : plus de 1 500 logements sont concernés, répartis entre la résidence des Bosquets (1 075 lots) et celle de la Forestière (508 lots). Construites entre 1965 et 1985, elles sont confrontées dès le départ à des difficultés de commercialisation, accentuées par l’abandon du projet d’A87 (Marne-la-Vallée/Roissy). Les dispositifs successifs de la politique de la ville n’ayant pas permis d’enrayer le processus de dégradation et de paupérisation, l’Etat décide, en 2003, de changer d’échelle d’intervention. « Jean-Louis Borloo, alors ministre de la Cohésion sociale, a pris trois décisions importantes, rappelle Philippe Hermet, directeur du PRU : la mise en œuvre d’un plan massif de démolitions, le recours à un aménageur solide, l’Agence foncière et technique de la région parisienne (AFTRP) et à un bailleur d’envergure nationale, le groupe 3F. »

Changement d’image

Le programme prévoit 1 664 démolitions (1 080 logements en copropriété et 584 sociaux), 2 111 reconstructions (dont 80 % de logements sociaux), 977 réhabilitations et 1 811 résidentialisations. La subvention de l’Anru s’élève à 211 millions pour un montant total d’investissements de 565 millions. Au cœur du projet, le traitement des copropriétés dégradées (acquisition, démolitions, cession des droits à construire, gestion provisoire, relogement), estimé à près de 100 millions, est confié à l’AFTRP tandis que 3F va reconstruire plus de 1 000 logements, aux côtés des bailleurs sociaux déjà présents sur le site : l’Opievoy, à travers sa filiale Orly-Parc, et l’ODH 93.
A ce jour, plus de 500 logements sociaux ont déjà été livrés et 500 autres sont en chantier, chaque opération ne dépassant pas 40 à 50 appartements. La Foncière Logement est en train de déposer un permis de construire (22 logements) et les promoteurs s’intéressent au quartier, qui, en 2015, devrait être desservi par le tramway T4. « L’image du quartier est en train de changer et les habitants commencent à reprendre espoir », conclut Claude Dilain, maire de Clichy-sous-Bois.

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ENCADRE

« Le retard du tramway T4 fragilise l’opération » YVES Laffoucrière, directeur général du groupe 3F.

– Quelles sont les spécificités du PRU de Clichy-Montfermeil ?

Outre l’ampleur du programme et des financements mobilisés, la première particularité tient au fait que le groupe 3F n’est présent sur le site que depuis 2004. Au terme du projet, il sera l’un des principaux bailleurs sociaux avec un patrimoine de 1 170 logements environ dont 177 que nous avons acquis. Autre caractéristique : le processus de rénovation urbaine va conduire, in fine, à une forte augmentation du parc social afin de pouvoir reloger une partie des habitants des copropriétés dégradées. C’est un cas unique en France. Enfin, ce quartier étant à cheval sur deux communes, cette situation nécessite des réglages plus fins pour coordonner les stratégies des deux maires.

– A combien s’élèvent les investissements de 3F ?

Le coût global des opérations s’élève à 214 millions d’euros dont 166 millions financés par 3F. A ce jour, nous avons livré 507 logements et près de 350 sont en chantier. L’état d’avancement est assez satisfaisant. L’existence des emprises de l’ex-A87 (15 ha) a facilité le lancement des opérations. Le groupe a aussi réalisé un investissement important avec la Maison de l’Habitat et des Cultures, lieu à la fois de formation, d’information et d’accompagnement des familles.

– Le quartier du Plateau semble sorti de la « relégation ». Cette situation est-elle réversible ?

Nous avons deux préoccupations majeures : l’emploi et la desserte par les transports en commun. En 2004, on nous annonçait l’arrivée du tramway T4 en 2012.
On parle maintenant d’une mise en service en 2015. C’est très dommage. Ce retard est un facteur de fragilité pour le succès de l’opération.

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